La branche armée du Hezbollah inscrite sur la liste des organisations terroristes de l’UE

22 juillet 13

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Les 27 soulignent leur volonté de poursuivre le dialogue avec tous les partis politiques, y compris le Hezbollah.

Les ministres européens des Affaires étrangères ont décidé lundi d’inscrire la branche armée du Hezbollah sur la liste des organisations terroristes de l’UE, a-t-on appris de sources diplomatiques. Les ministres, réunis à Bruxelles, ont cependant affirmé leur volonté de "poursuivre le dialogue" avec tous les partis politiques libanais, y compris le parti chiite libanais, qui joue un rôle de premier plan, notamment au sein du gouvernement sortant dirigé par le Premier ministre Najib Mikati, a-t-on appris de même source.

"Il s’agit d’envoyer un message clair", a déclaré William Hague, le ministre britannique des Affaires étrangères, en arrivant à la réunion mensuelle avec ses collègues des 28 pays de l’UE.

Le Royaume-Uni poussait depuis des mois ses partenaires à suivre l’exemple des Etats-Unis et d’Israël, qui considèrent la branche armée du Hezbollah, pro-régime syrien et pro-iranien, comme une organisation terroriste. Il avait été rejoint par la France, l’Allemagne et la plupart des pays de l’UE, mais certains, comme Malte ou l’Irlande, avaient exprimé leurs réticences lors des réunions d’experts ces derniers jours à Bruxelles.

Le gouvernement libanais avait appelé avec force les Européens à ne pas franchir le pas des sanctions, faisant valoir que le puissant mouvement représentait une "composante essentielle de la société" libanaise. Les ministres européens ont insisté sur le fait que la branche armée du Hezbollah était sanctionnée parce qu’elle était "liée" à des attaques terroristes perpétrées sur le territoire européen.

Il s’agit de l’attentat qui avait fait sept morts -cinq Israéliens, un Bulgare et l’auteur présumé de l’attentat- à l’aéroport de Bourgas (Bulgarie) le 18 juillet 2012. Même si l’auteur reste inconnu, "il y des pistes nettes menant vers le Hezbollah", a récemment affirmé le ministre bulgare de l’Intérieur, Tsvetlin Yovtchev.

Les Européens citent également la condamnation en mars à Chypre d’un membre présumé du Hezbollah accusé d’avoir planifié une attaque contre des intérêts israéliens sur l’île.

"Nous ne pouvons permettre à la branche armée du Hezbollah de mener des activités terroristes dans l’UE (….) Nous devons réagir (…) et la réponse est de la placer sur la liste noire", a déclaré le chef de la diplomatie allemande, Guido Westerwelle.

Les ministres ont pris garde de ne pas évoquer la Syrie et l’implication croissante du Hezbollah dans le conflit, où il combat au côté du régime de Bachar el-Assad.

La ministre israélienne de la Justice, Tzipi Livni, a salué la décision européenne, estimant qu’elle montrait au monde entier que le mouvement chiite était un groupe terroriste. "Je salue cette annonce de l’UE (…) Finalement, après des années de délibérations, l’affirmation selon laquelle le Hezbollah est un parti politique légitime a à juste titre échoué. Maintenant il est clair pour le monde entier que le Hezbollah est une organisation terroriste", a affirmé Mme Livni.

Mise en oeuvre complexe

L’inscription "noire" sur la liste européenne entraîne un gel des avoirs et l’interdiction de visa d’entrée dans l’UE pour les personnes concernées. Mais sa mise en oeuvre devrait être complexe en raison de l’imbrication entre la composante armée et le reste du Hezbollah.

C’est pour cette raison que les Etats-Unis ne font "pas de distinguo entre ses ailes politique, militaire et terroriste", a récemment expliqué un porte-parole du Département d’Etat. "Les nombreuses branches et filiales du Hezbollah partagent une direction, des membres et un financement communs qui soutiennent tous des actions violentes du groupe", a-t-il expliqué.

Actuellement, seuls les Pays-Bas et la Grande-Bretagne ont mis le Hezbollah sur leur liste nationale des organisations terroristes. Les autorités néerlandaises ont mis au ban l’ensemble des composantes du mouvement chiite, Londres uniquement sa branche militaire.

Lundi, les ministres européens doivent aussi apporter leur soutien à la reprise des négociations de paix israélo-palestiniennes obtenue en fin de semaine par le secrétaire d’Etat américain, John Kerry.

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