Union européenne : « Les budgets humanitaires seront maintenus »

Camp de Dadaab dans l’Est du Kenya : Une famille de réfugiés nouvellement arrivée reçoit des rations de nourriture. © 2011 Edgar Mwakaba/IRIN
15 décembre 11 - Malgré la dégradation de la situation économique, les Vingt-Sept ne réduiront pas le montant de leurs aides, en tout cas d’ici à 2013, assure la commissaire européenne Kristalina Georgieva.

Sandra Moro/Le Temps - Présente mercredi à Genève, Kristalina Georgieva, commissaire européenne à l’Aide humanitaire, assure que les budgets prévus ne seront pas réduits d’ici à 2013, et plaide pour des investissements accrus dans la prévention des crises. Entretien.

Le Temps : Quelles sont les principales urgences humanitaires auxquelles l’Union européenne tente de faire face ?

Kristalina Georgieva : La situation dans la Corne de l’Afrique fait partie de nos priorités. Il s’agit de la pire catastrophe survenue en 2011 et elle va se prolonger en 2012, car le produit des récoltes agricoles ne permet toujours pas de soulager les populations. A cela s’ajoutent des problèmes de sécurité, pour les habitants comme pour les travailleurs humanitaires. La crise alimentaire au Sahel est aussi l’un de nos principaux points d’inquiétude : 7 millions de personnes sont en danger au Niger, au Mali, en Mauritanie, au Tchad et au Burkina Faso. Nous avons débloqué des fonds supplémentaires pour agir de manière préventive, ce qui évite de devoir intervenir plus massivement lorsque les gens sont déjà en état de grave malnutrition. Au Soudan et au Sud-Soudan, nous avons tout particulièrement besoin de l’appui des Etats membres de l’UE et de la communauté internationale, au niveau diplomatique, pour permettre aux acteurs humanitaires d’atteindre des populations qui sont très isolées à cause des problèmes de sécurité sur le terrain. Au Yémen, où nous avons ouvert un bureau l’an dernier, il faut faire face aux conflits et aux déplacements de personnes à l’intérieur même des frontières, mais aussi à l’afflux massifs de réfugiés somaliens. Nous sommes aussi très préoccupés par la situation en Syrie.

Quelles sont vos possibilités d’action dans un tel conflit ?

Nous avons une petite équipe sur place à Damas, mais il est très difficile d’agir, car les autorités ne coopèrent pas. Nous sommes actifs en Turquie, où se trouvent des camps de réfugiés syriens, et nous nous tenons prêts à intervenir à la moindre évolution de la situation.

Que pensez-vous de l’idée de créer des couloirs humanitaires en Syrie ?

C’est une possibilité qui a, pour l’heure, assez peu de chances de se réaliser, car la mise en place de ces couloirs suppose la présence de forces de sécurité. Cela impliquerait une décision du Conseil de sécurité de l’ONU, qui n’est pas à l’ordre du jour pour le moment. Aujourd’hui, l’assistance dépend avant tout des personnes sur place, qui ont un fort ancrage local.

Les Etats européens resserrent leurs budgets en raison de la situation économique. Quel sera l’impact sur l’aide humanitaire ?

Nos budgets sont fixés pour sept ans, et le cadre actuel prévu jusqu’en 2013 pourra être maintenu. En 2010, l’UE a consacré 1,1 milliard d’euros à l’aide humanitaire. Les citoyens européens attendent de nous que ces fonds soient employés aussi efficacement que possible sur le terrain, et tous nos efforts vont dans ce sens. L’an dernier, 146 millions de personnes ont pu bénéficier de notre assistance. Au total, nous avons attribué 8 à 10% des montants à des actions de prévention des risques.

Une stratégie appelée à se développer ?

Sans aucun doute. Pour faire face aux contraintes budgétaires et aux besoins en constante augmentation, il faudra à l’avenir investir et miser autant que possible sur l’anticipation plutôt que sur la réaction, car il est toujours plus simple et moins cher d’agir en amont d’une crise. C’est d’autant plus important que les catastrophes naturelles, imprévisibles pour la plupart, sont appelées à se multiplier. Le réchauffement climatique est une réalité, ses effets sont dramatiques, et à la suite de l’accord minimal conclu à Durban, il ne fait aucun doute qu’il sera impossible d’enrayer le phénomène à brève échéance.

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU a lancé hier un appel de fonds record. Il ambitionne de récolter 7,7 milliards de dollars pour 2012. (LT)

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