Un milliardaire franco-américain lance un média d’investigation

17 octobre 13

Lire l’article de Pierre Haski sur Rue89.com

"C’est le mariage du journalisme d’investigation et de l’argent de la nouvelle économie. Glenn Greenwald, le journaliste du Guardian qui a révélé les écoutes de la NSA, et Pierre Omidyar, un Franco-Américain d’origine iranienne, fondateur du site eBay, préparent le lancement d’un nouveau média aux Etats-Unis.

L’annonce de la démission de Glenn Greenwald du Guardian a créé la sensation cette semaine, alors que c’est ce journal qui a « porté » les révélatiosn de l’ancien analyste Edward Snowden sur les écoutes de la NSA et le scandale qui a suivi.

Greenwald n’avait pas été explicite, indiquant simplement qu’il avait reçu une offre « impossible à refuser ». On sait aujourd’hui que cette offre est venue de Pierre Omidyar.

Né à Paris, devenu milliardaire grâce à l’introduction en Bourse du site d’enchères en ligne eBay à l’age de 31 ans – il en a aujourd’hui 46 –, Pierre Omidyar a créé une fondation philanthropique avec sa femme, comme tout riche Américain qui se respecte.

Mais il a aussi lancé, il y a trois ans, un site d’investigation journalistique dans le territoire américain de Hawaï, sa première incursion dans ce domaine.

250 millions de dollars d’investissement initial

Il y a visiblement pris goût puisque, après avoir été approché au printemps dernier pour reprendre le Washington Post, qui a finalement été racheté par un autre milliardaire de la nouvelle économie, Jeff Bezos d’Amazon, il s’est lancé dans la préparation de ce nouveau projet.

Dans un entretien téléphonique avec Jay Rosen, professeur de journalisme à New York, qui en rend compte sur son blog, Pierre Omidyar raconte qu’il a appris que Glenn Greenwald, l’auteur des fuites sur la NSA en compagnie de la journaliste Laura Poitras, ainsi que Jeremy Scahill, journaliste au journal de gauche américain The Nation, avaient un projet de média.

Avec une fortune supérieure à 8 milliards de dollars, Pierre Omidyar leur a proposé de rapprocher leurs projets et de se lancer ensemble avec un média qui donnerait les moyens au journalisme d’investigation de se développer sans entraves, tout en couvrant l’ensemble des champs de l’information.

Autour de ce noyau fondateur, le nouveau média – dont le nom est encore inconnu – réunira une équipe de jeunes journalistes et s’appuiera fortement sur la technologie, le point fort du passé d’Omidyar, afin de créer le média de l’ère numérique.

L’investissement initial est considérable puisque Pierre Omidyar a confié à Jay Rosen qu’il sera au moins égal au prix qu’il était prêt à mettre dans le Washington Post : 250 millions de dollars (185 millions d’euros) – à titre de comparaison, Rue89 a été lancé avec moins de 100 000 euros en 2007…

Le journalisme sans peur et sans reproches

Après le Washington Post et Jeff Bezos, voici donc un nouveau projet financé par un richissime entrepreneur de l’ère numérique. Un changement de garde dans l’univers des médias également perceptible en France avec l’entrée de Xavier Niel, le fondateur de Free, dans le capital du Monde.

Toutefois, la surprise est venue du fait que Pierre Omidyar s’associe avec Glenn Greenwald, un journaliste vénéré par les adeptes de l’investigation et des lanceurs d’alerte, mais critiqué par ceux qui estiment qu’il a un « agenda » politique.

Ce faisant, le milliardaire du Net renoue avec une tradition de médias sans peur et sans reproches, authentiques contre-pouvoirs dans une société démocratique. Il s’en est expliqué à Jay Rosen :

« Pourquoi Pierre Omidyar fait-il cela ? Il explique que son implication dans Civil Beat (le site qu’il a lancé à Hawaï) lui a ouvert l’appétit pour faire des choses plus grandes dans l’information. “J’ai toujours été d’avis qu’un bon format de journalisme était un ingrédient indispensable pour la démocratie.”

Il a indiqué qu’il avait assisté au cours des quinze dernières années à l’effondrement du modèle économique de la presse, mais n’avait pas trouvé de moyen de s’y impliquer. Lorsque la reprise du Washington Post s’est présentée, il s’est remis à y penser sérieusement.

“C’est un moyen de réunir mes intérêts dans l’engagement civique, dans le fait de développer le débat, et bien sûr dans la technologie de manière créative.” »

Expérience à suivre, donc."

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