Un Autrichien sur quatre a voté à l’extrême droite

30 septembre 13

Lire l’article de Pierre Haski sur Rue89.com

L’Autriche est venue confirmer, dimanche, le pronostic d’un dirigeant français que nous citions il y a une semaine : les élections européennes de mai prochain risquent d’être « l’équivalent pour l’Europe du 21 avril 2002 en France ». L’extrême droite y a reçu dimanche plus de 25% des voix, et un nouveau parti anti-européen est crédité de 6% des suffrages.

Les électeurs autrichiens ont voté en moins grand nombre pour les deux grands partis traditionnels, les sociaux-démocrates du SPO et les conservateurs de l’OVP, qui, avec à peine 50% à eux deux, sont donc condamnés à reconduire leur « grande coalition ». Un scénario qui ressemble à celui qui se dessine en Allemagne voisine, même si la chancelière Angela Merkel ne semble pas souffrir de la désaffection de ses électeurs.

Plus de 25% pour l’ex-parti de Jorg Haider

A côté de ces deux partis traditionnels en perte de vitesse – malgré les bonnes performances économiques de l’Autriche au milieu de la crise –, c’est la montée des populismes.

celui, désormais classique, du FPO, l’ancien parti du célèbre Jorg Haider, décédé en 2008, désormais dirigé par Heinz Christian Strache. Il progresse de quatre points, pour atteindre 22,4% des suffrages, auxquels il faut ajouter les 3,5% d’une scission du FPO, le BZO, pour avoir le total de l’extrême droite : plus de 25% donc ; celui, plus nouveau, du milliardaire canado-autrichien Frank Stronach, qui n’a recueilli « que » 6% des voix alors que les sondages l’avaient placé un temps au double. Il a fait une campagne eurosceptique, concentrant ses attaques contre « Bruxelles ». Le reste des voix se répartit entre les Verts qui progressent à 12%, et un nouveau parti libéral, Neos, qui, avec 4,5% des voix fera son entrée au Parlement (le seuil est en Autriche de 4%).

En Grèce, les néonazis d’Aube dorée

La forte présence de forces populistes et/ou d’extrême droite n’est pas nouvelle en Autriche. Mais, s’agissant d’un pays qui n’a pas traversé récession et austérité comme une bonne partie de l’Europe, la poussée constatée dimanche n’en est que plus révélatrice du climat.

On a vu en Grèce que l’une des conséquences de la grave crise et des mesures d’austérité dramatiques a été la montée du parti néonazi Aube dorée, dont les principaux dirigeants ont été arrêtés samedi suite à des actes de violence criminelle.

Le résultat autrichien augure mal de ce qui se passera dans les 28 pays de l’Union qui éliront en mai prochain le nouveau Parlement européen, dans une apathie et un climat de défiance politique qui risque d’envoyer un contingent sans précédent de députés situés à la droite extrême de l’échiquier. Attention au réveil

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