Syrie : les barils d’explosifs continuent de pleuvoir sur Alep

Selon l’OSDH, l’armée utilise ces « barils d’explosifs » tapissés de béton et remplis de TNT « pour faire un maximum de destructions et de morts ». Ici, Nadia, un quartier d’Alep, après une attaque à l’aide de barils d’explosifs. (source:Alepo Media Center)
17 juin 14 - Au moins 31 personnes, dont des enfants, ont été tuées hier par des barils d’explosifs largués par des hélicoptères de l’armée syrienne sur deux quartiers contrôlés par les rebelles à Alep.

L’Orient-Le Jour (avec agences) - Une ONG a diffusé des images dramatiques de l’attaque contre ce quartier sud-est de la ville, montrant des habitants tenant des corps en lambeaux. Selon le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane, le premier baril a semé le chaos, des habitants et des secouristes se précipitant pour évacuer les victimes. Mais quelques minutes plus tard, un second baril a été lâché au même endroit, alourdissant sérieusement le bilan. « Tous les gens sur place ont été tués », a confirmé un habitant du quartier, Abou Mohammad. « Nous n’avons pas de bases militaires. Tous les gens sont des civils. Pourquoi Bachar el-Assad nous attaque-t-il ? » a-t-il dénoncé, en appelant la communauté internationale à l’aide. Par ailleurs, à Achrafiyé, un quartier rebelle du nord de la ville, six personnes ont péri dans la chute d’un autre baril, selon l’OSDH.

En outre, treize personnes, dont huit enfants, ont été tuées dimanche soir dans un bombardement rebelle contre une région d’Idleb tenue par les régime, selon l’OSDH.

« Une chance réelle qu’ils puissent être assassinés »

Sur un autre plan, une semaine après l’annonce par le régime syrien d’une vaste amnistie, les médias officiels ou proches du pouvoir ainsi que les militants donnent des chiffres différents sur le nombre de prisonniers libérés. En effet, les militants ne confirment que la libération de quelques dizaines de détenus et affichent leur scepticisme sur les chiffres donnés par d’autres sources. Selon eux, il n’y pas de transparence dans le processus de libération et aucune liste de noms n’a été fournie. Pour sa part, OSDH avance le chiffre de 2’700 personnes libérées dans tout le pays. L’amnistie, si elle est appliquée dans son intégralité, devrait concerner 100 000 détenus. La moitié se trouve aux mains des services de renseignements, après des arrestations menées dans le cadre de la loi antiterroriste de 2012. En revanche, ce sont les différents services de renseignements qui décident de la libération de ceux qui sont entre leurs mains, a indiqué Anwar al-Bounni, un avocat des droits de l’homme, basé à Damas.

Enfin, des dizaines de déserteurs, qui s’étaient rendus après avoir été assiégés durant deux ans dans la vieille ville de Homs, ont été contraints de rejoindre l’armée, a affirmé hier le gouverneur de la province. Des militants antirégime se sont cependant alarmés de leur sort et l’un d’eux a même averti qu’il y avait « une chance réelle qu’ils puissent être assassinés ». « Certains ont pu entrer en contact avec leur famille pour dire qu’ils étaient vivants et qu’ils ont été envoyés dans des casernes mais la plupart n’ont plus donné de nouvelles » depuis jeudi, a expliqué un militant de Homs qui a réussi à quitter la Syrie.

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