Syrie : la Suisse se démarque des pays occidentaux

Le Conseil des droits de l’homme à Genève. (DR)
16 juin 13 - Alors que les positions sur la Syrie au Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève dérapent vers une politisation et une polarisation, la Suisse remet l’église au milieu du village.

Genève, Carole Vann et Juan Gasparini/InfoSud - Durant la 23ème session du Conseil des droits de l’homme qui s’est close vendredi à Genève, une résolution sur la Syrie parrainée principalement par les Etats-Unis et les pays du Golfe, condamnait l’intervention des combattants étrangers, désignant nommément le Hezbollah, pour leurs responsabilités sur place.

La Suisse a été le seul Etat occidental à condamner sans équivoque l’intervention de TOUS les combattants étrangers quelle que soit leur affiliation (ndrl : et non seulement le Hezbollah).

Par ailleurs, la résolution demande à toutes les parties de mettre fin aux violences contre les civils. Toutefois silence radio sur les aides militaires promises aux rebelles syriens par certains membres de l’Union européenne, et depuis hier par les USA.

Les pays d’Amérique latine, soutenus par certains asiatiques et là encore par la Suisse – le seul pays occidental à l’avoir fait – ont alors menacé d’introduire un amendement condamnant les livraisons d’armes à « toutes les parties », notamment au nom du Traité sur le commerce international des armes conventionnelles adopté le 2 avril.

Pour éviter une foire d’empoigne, les parrains du texte initial ont ajouté en dernière minute une phrase sur la nécessité pour les parties au conflit – sans pour autant mentionner les puissances qui les soutiennent – de « ne pas mener d’actions qui entraineraient une escalade des violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire. » Là encore, l’ambassadeur suisse à l’ONU Alexandre Fasel a rappelé la nécessité, « pour éviter cette escalade, de soutenir fortement une solution politique et, comme le recommande la commission d’enquête, de restreindre les livraisons d’armes et de munitions aux belligérants au risque que les armes soient utilisées pour commettre des violations des droits de l’homme et du droit humanitaire. »

La résolution a été adoptée par 37 voix contre 1 et 9 abstentions. Il s’agit du plus faible soutien à une résolution sur la Syrie depuis 2011. Le résultat montre l’incidence de la politisation du processus et de la polarisation qui en découle. Au Palais des Nations, les rumeurs circulent sur un ajournement de la conférence sur la Syrie. En effet, les rebelles, en perte de terrain, rechignent à venir signer en position de faiblesse. Les puissances qui les soutiennent repoussent donc la conférence et fournissent des armes. En d’autres mots, on renonce à la solution politique et on mise sur la solution militaire.

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