Que font les Suisses au Mali ? Dans les coulisses d’une médiation très discrète

10 février 14

Lire l’article de Benjamin Roger sur JeuneAfrique.com

" La Suisse est un acteur discret mais influent dans l’actuelle médiation internationale entre Bamako et les groupes rebelles du Nord-Mali. Un engagement diplomatique sans arrières-pensées ?

Toujours sensibles, les affaires d’otages sont aussi très souvent entourées de mystère. Parmi les nombreux ressortissants occidentaux enlevés ces dernières années au Sahel, le cas de Béatrice Stockly fait partie des plus intrigants. Le 15 avril 2012, cette Suissesse d’une quarantaine d’années, amoureuse de Tombouctou où elle habite depuis longtemps, est enlevée par des hommes armés. Chrétienne investie dans le social, elle avait refusé de quitter la Cité aux 333 saints après sa chute aux mains des jihadistes, quinze jours plus tôt.

Récupérée par le groupe islamiste radical Ansar Eddine, Beatrice Stockly est libérée moins de dix jours après son rapt, le 24 avril. Un record, la majorité des otages au Sahel restant des mois, si ce n’est des années, en captivité. "On ne sait pas comment une libération si rapide a pu avoir lieu dans un tel contexte [les groupes jihadistes sont alors maîtres du Nord-Mali, NDLR], commente un ancien membre des services secrets helvétiques. Ce qui est sûr, c’est que les autorités suisses, avec l’aide des Burkinabè, ont fait jouer leurs solides réseaux avec les Touaregs maliens".

La Confédération est en effet une vieille connaissance de la communauté touarègue du Mali. Comme d’autres pays européens, elle s’implique depuis plusieurs décennies, via différents accords ou programmes, dans la stabilité de la bande sahélo-saharienne. Ses diplomates ont récemment participé à la médiation internationale aux côté de l’Union africaine (UA), de l’Union européenne (UE), de la France, du Burkina Faso, de l’Algérie, du Niger et de la Mauritanie lors de la signature de l’accord de Ouagadougou entre les mouvements rebelles du nord du Mali et le gouvernement malien de transition, le 18 juin 2013. "Nous avons beaucoup collaboré avec les Suisses durant tout le processus de négociation, notamment pour les relations avec le MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad), confie un haut responsable burkinabè qui a participé à la médiation. Ils ont aussi financièrement appuyé la médiation, que ce soit pour la location de salles ou encore l’hébergement des différentes délégations".

Au cours de ces dernières années, les Helvètes ont régulièrement été soupçonnés d’accointances avec différents responsables touaregs, entrainant parfois des situations houleuses entre Berne et Bamako. En août 2012, le quotidien Le Temps déclenchait une tempête médiatique au Mali en révélant que le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE, ministères des Affaires étrangères suisse) avait financé une réunion politique des rebelles indépendantistes du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), fin juillet, à Ouagadougou.

Depuis, les Suisses s’efforcent de rétablir une relation cordiale avec les autorités maliennes."

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