Rio+20 : le clivage Nord-Sud plane sur les préparatifs

4 mai 12 - Aujourd’hui s’achève, à New York, le deuxième tour des négociations préparatoires du sommet de l’Onu sur le développement durable « Rio + 20 ».

Berne, 4 Mai 2012/Alliance Sud - Vingt ans après le « Sommet de la terre » de 1992, celui-ci est censé apporter un nouveau souffle aux efforts en vue d’atteindre un développement durable. Les préparations sont marquées par un grand clivage Nord – Sud.

Avec la participation active de la Suisse, les pays industrialisés essaient de se soustraire à leurs responsabilités et d’enterrer des principes fondamentaux adoptés jusqu’ici. Alliance Sud exhorte la Suisse à se montrer plus coopérative dans les négociations et à prendre mieux en compte les besoins des pays en développement.

Depuis le Sommet de la Terre de 1992 à Rio de Janeiro, peu de progrès ont été réalisés, malgré toute la rhétorique sur le développement durable. Le changement climatique continue de plus belle, les réserves d’eau potable et la biodiversité diminuent, l’exploitation des ressources non renouvelables atteint de nouveaux records. Et les pays industrialisés continuent à porter, de loin, la plus grande responsabilité par tête d’habitant pour un développement faux et non durable.

La Suisse fait partie, à New York, des pays qui veulent remettre en question la responsabilité particulière des pays industrialisés dans une transition vers le développement durable. Le Sommet de la terre de 1992 l’avait ancrée dans le principe de la responsabilité commune, mais différenciée. Celui-ci postule que les pays riches, en tant que principaux responsables de beaucoup de problèmes globaux, doivent jouer un rôle clé et soutenir financièrement et technologiquement les pays plus pauvres dans cette transition.

Bien qu’ils l’aient réaffirmé au sommet de suivi de 2002, à Johannesburg (Rio + 10), les pays industrialisés n’ont jamais mis en pratique ce principe. En vue de Rio + 20, ils essaient de l’évincer de la résolution finale et, au lieu de cela, d’imposer aux grands pays en développement des obligations comparables aux leurs. Ils mettent ainsi en péril le succès de la conférence et une entente sur des mesures communes et efficaces. La Suisse joue en cela un rôle moteur. Comme c’est l’Office fédéral de l’environnement qui mène les négociations, elle tend de surcroît à donner trop de poids aux questions environnementales et à ne reconnaître que du bout des lèvres les questions de développement, qui sont d’une importance capitale pour les pays du Sud. Demandes à la Suisse

Alliance Sud exhorte la Suisse à se montrer plus coopérative vis-à-vis des exigences justifiées des pays en développement. Concrètement, elle doit abandonner son opposition au principe de responsabilité commune, mais différenciée et reconnaître la responsabilité principale des pays industrialisés dans la conversion vers un développement durable. De surcroît, elle doit s’engager pour que la dimension sociale du développement durable et le droit des pays plus pauvres au développement soient explicitement reconnus. Celui qui mise sur la confrontation au lieu de la coopération risque, non seulement un échec à Rio, mais de porter la responsabilité de vingt années perdues.

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