Qatar 2022 : vers un scénario à la sud-africaine ?

12 janvier 12 - Sur les 12 stades nécessaires pour la Coupe du monde 2022, 9 sortiront de terre et 3 seront entièrement rénovés. Le tout par de la main-d’œuvre à très bon marché. La FIFA s’en mêlera-t-elle ?

Article de Fred Hirzel pour Le Temps.ch

Une chose est sûre : émirat plus exigu que la Suisse romande, le Qatar accueillera la Coupe du monde de football 2022. Ainsi l’a voulu le comité exécutif de la FIFA. Autre certitude : si la plus grande manifestation sportive du globe se tient, comme d’habitude, en juin-juillet, il y fera aux alentours de 50 degrés à l’ombre.

Hérésie ? Pas vraiment, puisque l’on sait aussi que ce richissime Etat producteur d’hydrocarbures, avec ses 12,5% de croissance annuelle depuis 2005 et son PIB de 30 000 dollars par habitant, dispose de moyens quasiment illimités. Il va donc doter les neuf stades à bâtir – plus les trois déjà existants – ainsi que le futur métro d’un système de climatisation intégrale fonctionnant à l’énergie solaire, système qui devrait permettre de maintenir la température ambiante à 20 degrés.

Formidable et innovant. Sauf que ces projets pharaoniques vont être réalisés par de la main-d’œuvre étrangère dont le statut social confine à l’exploitation pure et simple.

Un article publié sur le site Rue89.com par un chercheur au CNRS français (Centre national de la recherche scientifique), Tristan Bruslé, nous rappelle – ou nous apprend – que sur le million et demi de gens (dont 75% d’hommes) qui peuple l’émirat, les étrangers représentent 80% du total, 90% des actifs et… 100% des ouvriers. Les autorités refusent de confirmer ces chiffres, comme s’il fallait occulter le « tsunami d’Asiatiques » qui déferle sur les pays du Golfe, selon la formule du ministre bahreïni du Travail. Côté Qatar, la vague provient essentiellement d’ouvriers non-qualifiés du Népal. Lesquels, après avoir versé entre 800 et 1500 euros à l’une des agences de recrutement de Katmandou, débarquent à Doha avec un contrat de trois ans en poche moyennant un salaire triomphal de 60 à 120 euros mensuel. Calcul vite fait : il leur faut au minimum un an pour rembourser l’emprunt contracté. En plus, ils vivent dans des clapiers (jusqu’à 25 dans 20 mètres carrés). Ce sont eux, et eux seuls, qui vont construire les neuf merveilles en vue de 2022. On attend de voir, sans trop y croire, ce que la FIFA exigera en leur faveur.

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