Palestine : "Il y avait plein d’arbres, il ne reste qu’un terrain vague"

2 juin 14

Lire le témoignage de Frank sur Rue89.com

"Il était aux environs de 7 heures du matin quand ils sont arrivés, à peine 9 heures quand ils sont repartis, selon des témoignages des bergers de Nahalin, un village de Palestine situé au sud de Bethléem.

« Ils », ce sont des soldats de l’armée israélienne au volant de plusieurs bulldozers qui ont détruit lundi 19 mai près de 1 500 arbres fruitiers dans une vallée appartenant à la famille Nassar.

Ce matin-là, on s’est levés comme chaque jour aux alentours de 7 heures. Comme chaque jour, on est ensuite partis ramasser du blé dans un champ, avec les autres volontaires de la ferme.

Puis Daher Nassar, l’un des propriétaires, est arrivé comme chaque matin, nous a salués, avant de descendre dans la vallée : quelqu’un l’avait appelé et il était inquiet, des soldats israéliens avaient été vus dans ses champs.

Quelques minutes plus tard, il est revenu au pas de course. Ça n’est pas dans les habitudes de Daher de marcher au pas de course. La soixantaine, le pas traînant, il a le sourire permanent même s’il lui manque quelques dents. Il a observé avec désarroi ces dix dernières années son horizon changer avec l’installation de cinq colonies israéliennes autour de Nahalin. Pourtant, chaque jour, sans relâche, il arpente une partie de ses 40 hectares de terres, seul ou accompagné d’un groupe de touristes auxquels il conte avec enthousiasme l’histoire de la ferme familiale.

« Qui sont les terroristes, là, à votre avis ? »

Alors ce matin-là, quand Daher est arrivé en trombe en criant : « Ils ont tout coupé, ils ont tout coupé », on a compris que quelque chose d’important était arrivé. Nos appareils photo à l’épaule, on est descendus en van dans la vallée, avec une autre volontaire et la mère de Daher, Melada. Il y avait déjà du monde sur le chemin de terre que le van peinait à emprunter.

Puis on est arrivés dans son champ et on a vu. On a compris. Ils avaient tout coupé. Là où se trouvaient auparavant des centaines d’arbres déjà remplis de fruits mûrissant lentement, il n’y avait plus qu’un immense terrain vague de terre et de cailloux, sillonné de traces de pneus. Ils avaient fait d’immenses trous dans le sol, dans lesquels ils ont enfoui une partie des arbres déracinés. Après quoi les trous ont été rebouchés pour ne pas laisser de traces. En guise de vestiges, il y avait des troncs, quelques branches qui trainaient, des petites pommes écrasées tombées au sol."

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