Nucléaire iranien : débats emflammés à Vienne et à Genève

Hans Blix à Vienne en 2002. Image © Dean Calma, IAEA
13 septembre 12 - Les tensions sur le nucléaire iranien ont été au cœur des discussions de l’AIEA et d’un groupe de réflexion réuni mardi et mercredi au bout du Léman. Alors que la communauté internationale durcit le ton vis-à-vis de Téhéran, Hans Blix, l’ex-directeur général de l’AIEA, a plaidé à Genève pour une autre approche.

Sandra Moro/Le Temps - Se peut-il que la communauté internationale fasse fausse route ? Alors que la tension atteint un degré extrême sur la question du nucléaire iranien, les grandes puissances ont résolu de hausser le ton et de condamner Téhéran pour l’extension continue de son programme d’enrichissement d’uranium dans le cadre de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). De son côté, le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou réclame à cor et à cri que l’on impose une « ligne rouge » à Téhéran.

Mais Hans Blix, lui, estime au contraire qu’il faudrait changer d’approche vis-à-vis de l’Iran si l’on veut espérer sortir de l’impasse et obtenir la coopération du pays. L’ex-directeur général de l’AIEA était mardi et mercredi à Genève à l’occasion d’une réunion du Forum international du Luxembourg sur la ­prévention des catastrophes nucléaires. Créé en 2007, ce think tank international peu connu siégeait pour la première fois dans la cité du bout du Léman. L’expert a réaffirmé devant la presse l’importance de parvenir à une solution pacifique sur la question iranienne. Et pour y parvenir, estime-t-il, « il faut penser plus large. Je crois que l’on insiste trop sur le bâton et pas assez sur la carotte. L’Iran est un pays fier, qui, comme n’importe quel autre Etat, ne veut pas être humilié ».

Pendant ce temps à Vienne, où le conseil de l’AIEA siège jusqu’à vendredi, les pays occidentaux sont parvenus à convaincre la Chine et la Russie, d’ordinaire peu critiques à l’égard de Téhéran, de se rallier à un texte qui exprime leurs « sérieuses préoccupations » au sujet du programme nucléaire iranien, révélaient mercredi des sources diplomatiques citées par les agences. Le document sera soumis sous forme de résolution par le groupe des 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne) aux trente autres pays du conseil de l’AIEA.

« Mesures incitatives »

De son côté, Benyamin Netanyahou a poursuivi l’escalade de sa rhétorique guerrière à l’égard de Téhéran au cours des derniers jours. Mardi, il a affirmé que la communauté internationale ne pouvait pas demander à Israël de ne pas agir contre l’Iran si celle-ci refusait de « fixer des lignes rouges » au régime de Mahmoud Ahmadinejad.

Aux antipodes de ces déclarations belliqueuses, Hans Blix rappelait à Genève que « dans le passé, nous avions présenté des mesures incitatives plus substantielles à l’intention de l’Iran, comme un soutien pour que le pays puisse entrer à l’OMC ». Dans sa déclaration et ses recommandations finales qui seront communiquées dans les semaines qui viennent, le Forum devrait toutefois se montrer moins tranché et moins spécifique que l’expert suédois.

Pour lire d’autres articles sur un des thèmes abordés ici, utiliser la fonction «  recherche avancée »
Chartes  |  Qui sommes-nous ?  |  Impressum  |  contact
Palais des Nations, Bureau S-84  |  Avenue de la Paix 8-14  |  CH-1211 Genève 10  |  T: +41 22 917 29 30  
réalisé par vocables.com avec Spip
sommaire le temps L´Orient-Le Jour Geopolitis swissinfo LE COURRIER rue 89 Slate Afrique ipsnews