Naufrages en Méditerranée : une année pour rien ?

22 septembre 14

Lire l’article de Cédric Vallet sur Slate.fr

"Des migrants sont morts par centaines dans un naufrage survenu le 10 septembre. Comme l’an passé, lors du drame de Lampedusa, ces décès suscitent l’émotion et des appels à l’action. Seront-ils suivis d’effet ? On peut en douter.

Un nouveau naufrage. Peut-être encore plus choquant que celui qui tua 366 personnes en octobre 2013, non loin de Lampedusa. Cette fois-ci, on ne compte que quelques survivants. On sait que le bateau, parti d’Egypte, conduisait 500 personnes vers l’Europe. La plupart manquent à l’appel.

Il semblerait que ces noyades soient le fait de passeurs sans pitié. Un acte « provoqué intentionnellement », précise l’Organisation internationale des migrations, qui enquête sur les conditions de ce drame. Peut-on affirmer que cet énième naufrage est une surprise ?

« C’était un drame prévisible, affirme Caroline Intrand, au nom du réseau européen d’ONG Migreurop. Depuis octobre, le nombre de naufragés est incroyable. Et des actes de ce type, il en arrive chaque jour. »

Difficile de la contredire. Selon l’OIM, ce sont près de 3.000 personnes qui sont mortes cette année en Méditerranée. Car le nombre de personnes qui fuient la Syrie, la Libye ou le cœur de l’Afrique explose. Le HCR estime que, depuis janvier, 130.000 migrants sont arrivés par la mer en Grèce, Espagne, Italie ou à Malte, soit déjà plus du double qu’en 2013.

Une action qui se résume à deux mots

Après le naufrage de Lampedusa, l’an passé, les réactions politiques furent nombreuses. Il « fallait agir » au niveau européen. Et vite. Mais concrètement, quelle a été l’action de l’Union européenne et de ses Etats membres depuis octobre 2013 ? Peu de choses, il faut le reconnaître.

Une action qui se résume en deux mots : Mare Nostrum. Dès le mois d’octobre 2013, l’Italie met en place cette opération de sauvetage, avec le soutien de certains Etats membres de l’Union européenne. Ce déploiement de navires, coordonné par la marine militaire, n’a pas été négligeable, loin s’en faut. Même si Mare Nostrum n’est pas exempte de critiques, l’opération aurait permis de sauver 63.000 personnes.

La mission des navires impliqués dans l’opération était claire : chercher des bateaux à la dérive et sauver les migrants de la noyade. C’était ça, la grande nouveauté : une volonté politique de sauver des vies.

Ces très nombreux sauvetages, qui coûtent cher, gênent considérablement les Etats membres de l’Union européenne car selon eux, cette mission serait à l’origine d’un appel d’air. Mare Nostrum serait devenue un facteur d’attraction vers l’Europe, une sorte de garantie du sauvetage, et donc du passage."

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