Mauvaise rentrée pour Erasmus

Depuis 25 ans, le programme Erasmus a envoyé à travers le continent près de 3 millions d’étudiants. Mais voilà, les finances manquent du côté de Bruxelles. ©DR
25 octobre 12 - Le programme européen d’échanges estudiantins, le fameux « Erasmus », fête ses 25 ans dans la douleur. A Bruxelles, les caisses sont vides et la polémique enfle. Pour l’instant, les universitaires suisses sont épargnés.

Fabrice Praz/InfoSud - Partir un semestre à Barcelone ou une année à Berlin : une histoire ancienne ? Depuis 25 ans, le programme Erasmus a envoyé à travers le continent près de 3millions d’étudiants. Mais voilà, les finances manquent du côté de Bruxelles. Un trou de 10 milliards d’euros plomberait le budget européen. De quoi mettre des programmes comme Erasmus en danger, a prévenu récemment le député européen français Alain Lamassoure. Pour le président de la Commission des budgets du parlement, Erasmus serait à sec.

« A priori tous les étudiants suisses qui partent encette année académique vont recevoir leur bourse », garantit Karin Christen de la Fondation ch. La cheffe du programme Erasmus au niveau fédéral se veut rassurante. « La Suisse n’étant pas membre de l’UE, elle verse ses contributions dans un budget séparé de celui des pays membres. C’est pour cette raison que nous ne sommes pas directement touchés. »

Toutes les hautes écoles du pays ont déjà reçu 80% des fonds demandés pour cette année. Un montant « suffisant » pour cette volée 2012-2013. A l’Université de Fribourg on confirme : les 155étudiants inscrits vont bien recevoir leur bourse de 210 à 240 euros par mois. Mais la nouvelle reste inquiétante pour Marielle de Dardel, responsable du service des relations internationales.

Une aventure coûteuse

Depuis 2011, la Suisse est à nouveau membre à part entière d’Erasmus et de son réseau de 4000 hautes écoles réparties dans 33 pays. Suite au non à l’Espace économique européen (EEE) en 1992, elle avait été reléguée au poste de partenaire « silencieux ». En vingt ans, le nombre d’Helvètes qui ont tenté l’aventure a été multiplié par dix pour atteindre 2300 l’année passée. Un engouement qui faiblit légèrement à Fribourg.

Car partir à l’étranger reste cher : « Les bourses de mobilité sont un encouragement, mais ne couvrent pas tous les frais. Même s’il est parfois meilleur marché de vivre en dehors de la Suisse, un budget trop serré refroidit les candidats », constate Marielle de Dardel. De plus, « un pourcentage élevé d’étudiants ont un travail à côté et la garantie de le retrouver à leur retour est faible. »

Au palmarès des destinations, l’Allemagne, l’Espagne, la France et l’Angleterre se disputent la tête du classement dans les différents campus romands. « L’Allemagne est de loin le pays le plus prisé », confie Maria Velasco, en charge de la mobilité européenne de 237 étudiants à l’Université de Lausanne. La fin du désamour avec la langue de Goethe ? « Berlin, l’excellente réputation de ses universités et le vaste choix de nos collaborations sont les arguments qui reviennent le plus souvent. »

Depuis l’annonce choc du député français Lamassoure, Bruxelles essaie de calmer le jeu. « Nous proposerons avant la fin du mois un budget rectificatif pour demander aux Etats une rallonge de plusieurs milliards », a expliqué Dennis Abbott, porte-parole pour l’Education de la Commission européenne. Un mission toutefois périlleuse.

Dans une Europe plombée par la crise et par les mesures d’austérité, les Etats rechignent à délier leur bourse. Faute de soutien, plusieurs étudiants ibériques inscrits cette année ont dû annuler leur venue à l’Université de Lausanne. En Espagne, en plus de la bourse Erasmus, les étudiants reçoivent une aide complémentaire de leur région. « Mais cette aide a été divisée cette année par trois », s’inquiète Maria Velasco. Impossible dans ces conditions de prendre part à la grande « transhumance » européenne.

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