Les rebelles congolais veulent mettre Kinshasa à genoux

Des rebelles du M23 dans la province du Nord-Kivu, le 28 juillet 2012.©DR
20 novembre 12 - La tension n’en finit pas de grimper en RD Congo, après que les rebelles du M23 aient pris position autour de Goma, la principale ville du Nord-Kivu.

Kinshasa, Godefroid Bwiti Lumisa/InfoSud - C’est une partie de poker menteur qui s’est engagée entre les rebelles du M23 et le gouvernement congolais au nord-kivu. Alors que lundi matin les miliciens, arrivés durant le week-end aux portes de Goma, donnaient 24h aux autorités de Kinshasa pour démilitariser la ville et entamer des négociations, ces dernières ne se sont pas laissées impressionner.

« Nous ne voulons pas traiter avec eux », a déclaré le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende. Et le ministre d’ajouter, ferme : « C’est l’ultimatum d’un groupe fictif qui n’a pas de véritable valeur à nos yeux. Nous savons très bien qui nous attaque, nous savons très bien qui menace Goma, ce n’est pas le M23, c’est le Rwanda ».

Des accusations étayées par des rapports d’experts des Nations unies parus ces derniers mois, et qui ont confirmé le soutien du Rwanda en combattants, en armes et en munitions au M23. Ce mouvement rebelle a été constitué en avril dernier par des dissidents de l’armée congolaise, suite à la tentative de Kinshasa d’arrêter le général Bosco Ntaganda. Surnommé « Terminator », cet ancien membre de l’armée congolaise fait l’objet d’un mandat d’arrêt international de la Cour pénale internationale, pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis à l’est de la RD Congo.

Reprise des combats

Lundi, après la courte trêve du week-end et le refus du gouvernement congolais de négocier, les combats ont donc repris, et des tirs à l’arme lourde ont été entendus dans Goma, en début d’après-midi. « Des soldats chargés de garder des résidences officielles ont répondu à des tirs d’artillerie venant du Rwanda », a annoncé Okapi, la radio onusienne. Un communiqué des rebelles accusait par contre le gouvernement de « tenter de relancer les combats, alors que chaque force devrait rester sur ses positions. »

Ce même jour, de violents affrontements étaient signalés autour du camp militaire de Katindo, non loin de l’Université de Goma. En fin de journée, des chars de l’armée postés à des points stratégique de la ville, commençaient à se diriger vers la cité de Sake, à 27 km au sud-est de Goma.

Terrés sous les lits

Le regain de tensions a contraint des milliers de personnes à fuir les camps où ils avaient trouvé refuge, tandis que la plupart des 300.000 habitants de Goma se terrent chez eux ou tentent de passer au Rwanda voisin. « C’est la panique, la débandade. Les gens qui ne peuvent pas quitter la ville se cachent sous leurs lits », raconte une jeune femme, qui accueillait de la famille en visite, et qui sont bloqués par les combats. Certaines boutiques ont brièvement ouvert, avant de vite refermer.

Les forces de la Monusco, la Mission des Nations-Unies pour la stabilisation en RD Congo déclarent, elles, ne pas bouger de Goma. Hier soir, leurs blindés et hélicoptères se concentraient autour de l’aéroport et sur certains points de la ville, « pour protéger les populations civiles ».

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