Les menaces environnementales qui pèsent sur le Liban

Un exemple de pollution environnementale observé dans les régions côtières du Liban. Photo : Hugh Macleod/IRIN
16 septembre 10 - Pollution de l’air et de l’eau, risques liés au changement climatique, répercussions de la guerre israélo-libanaise de 2006 : telles sont les principales pollutions qui affectent ou menace le Liban.

Beyrouth, IRIN - Un certain nombre de menaces environnementales pèsent sur le Liban, dont la pollution de l’air et de l’eau, les risques liés au changement climatique, et les répercussions de la guerre israélo-libanaise de 2006. IRIN se penche sur les cinq principales menaces.

La Méditerranée

En raison de la destruction des habitats, l’industrie libanaise de la pêche, qui selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) représente environ 6 500 emplois, risque de s’effondrer si une partie des eaux libanaises n’est pas déclarée zone protégée dans un avenir proche, selon un rapport publié récemment par Greenpeace et intitulé A Network of Marine Reserves In The Coastal Waters of Lebanon ?Un Réseau de réserves marines dans les eaux du littoral libanais ?.

D’après Greenpeace, 18 réserves d’alevinage d’espèces marines désignées devraient être créées le long du littoral libanais pour repeupler les populations de poissons en voie de disparition, qui diminuent depuis 30 ans.

Au sujet de l’exploration prochaine des gisements de pétrole et de gaz marins (approuvée en vertu d’une nouvelle loi adoptée par le Parlement libanais), Greenpeace avertit que « les eaux du littoral libanais sont aussi gravement menacées par les déversements accidentels si l’exploitation des gisements de pétrole marin se développe au Liban ».

La pollution de l’air

Selon les scientifiques, les polluants en suspension dans l’air beyrouthin ont atteint un taux de concentration si élevé qu’ils en sont devenus toxiques pour l’homme.

Une exposition à long terme à un taux de concentration supérieur à 40 microgrammes par mètre carré, selon les normes définies par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), peut provoquer une altération des fonctions respiratoires et augmenter le risque de symptômes respiratoires chez l’homme. D’après l’OMS, le taux devrait rester inférieur à 20 microgrammes par mètre cube pour prévenir la mauvaise santé.

Si le climat méditerranéen et l’air stagnant peuvent « piéger » les gaz toxiques, le rapport indique que 52 pour cent de la pollution de l’air est causée par la circulation automobile. Les habitants de Beyrouth possèdent, en moyenne, 2,6 voitures.

Le changement climatique

Les secteurs de l’économie libanaise qui dépendent du climat, tels que l’agriculture et le tourisme, risquent également d’être touchés, selon un rapport publié en 2009 par l’International Institute for Sustainable Development et intitulé Rising Temperatures, Rising Tensions Le mercure grimpe, les tensions montent.

Soixante pour cent des activités économiques libanaises sont en effet menées sur une bande de littoral étroite, le long de la Méditerranée ; or, cette zone pourrait être sujette aux inondations et à l’érosion, avec l’élévation prévue du niveau de la mer. Le changement climatique pourrait également mettre fin à certaines activités économiques auparavant viables, telles que l’exportation de cultures consommatrices d’eau.

L’eau

Le Liban est le pays du Moyen-Orient qui manque le moins d’eau : ses précipitations annuelles moyennes dépassent les 800 millions de mètres cubes, ce qui permet d’alimenter plus de 2 000 sources pendant la saison sèche, d’une durée de sept mois.

Toutefois, en raison des pénuries d’eau, en particulier pendant la saison sèche, le ménage moyen obtient moins de 50 litres par jour dans certaines régions, le minimum, selon l’OMS, pour un environnement sain. D’après les scientifiques, ce sont les centres urbains qui subiront les principales pénuries d’eau. Or, plus de 80 pour cent de la population libanaise vit en milieu urbain.

Selon les experts, le nombre de jours de pluie a chuté de 80-90 par an en moyenne il y a 20 ans à 70 aujourd’hui. L’intensité des précipitations ayant proportionnellement augmenté, moins d’eau s’infiltre dans les sols, et une plus grande partie s’écoule à la surface, entraînant une érosion des sols, des glissements de terrain, des inondations éclairs et à terme, une désertification.

Au Liban, 35 pour cent de l’eau provient de la neige. Or, avec la montée des températures, les chutes de neige vont diminuer et la limite des neiges éternelles va s’élever, selon les recherches du Centre régional de l’eau et de l’environnement de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth.

La guerre

La plus grave catastrophe environnementale survenue pendant la guerre de juillet 2006 a été le bombardement de la centrale électrique de Jiyeh, qui a entraîné le déversement de 15 000 tonnes de pétrole dans la mer et pollué 150 kilomètres de côte libanaise, ainsi que plusieurs zones du littoral syrien.

Selon le rapport d’évaluation environnementale post-conflit publié en 2007 par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), « de manière générale, les conflits laissent un héritage semblable aux problèmes environnementaux et sanitaires liés aux cendres toxiques ou dangereuses, aux pétroles, aux métaux lourds, aux substances chimiques industrielles, aux décombres, aux déchets solides et aux eaux usées. Ceux-ci peuvent être dangereux pour la santé du personnel chargé du nettoyage et des communautés locales, et peuvent s’infiltrer dans les réserves d’eau, dans plusieurs zones, si ces zones ne sont pas entièrement décontaminées et si la pollution n’est pas contenue ».

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