Le cinéma palestinien ou l’identité d’un peuple sans papiers

Road-movie politique se promènant entre Cisjordanie et Israël, "Le sel de la mer" permet de résumer et comprendre 50 ans d’histoire de la Palestine. (DR)
20 novembre 14 - Seul évènement culturel entièrement dédié au cinéma palestinien en Suisse, les Rencontres cinématographiques PALESTINE : FILMER C’EST EXISTER (PFC’E) proposeront vingt-six films – longs et courts métrages, documentaires et fictions-, et accueilleront sept cinéastes, dont six réalisatrices palestiniennes. Rendez-vous 28, 29 et 30 novembre au Spoutnik à Genève.

Genève, InfoSud - Un fil rouge guide cette programmation : Réfugiés, exilés, déplacés, blessure qui touche le cœur du peuple palestinien depuis l’exode de 1948 et qui hélas demeure d’une actualité brûlante. Ils sont aujourd’hui plus de 4 millions réfugiés en Cisjordanie, à Gaza, dans les pays voisins - Liban, Jordanie, Irak, Syrie - et dans le monde entier, à demander sans relâche la reconnaissance du droit au retour. Les guerres en Irak et en Syrie les ont à nouveau chassés de leur terre, les forçant à chercher une fois de plus un autre pays d’accueil.

A travers leurs films, les cinéastes palestinien-ne-s affirment avant tout l’existence d’un peuple et d’une culture encore trop peu -voire toujours pas- reconnus. PFC’E met en avant la créativité sans cesse renouvelée de celles et ceux qui résistent, malgré les multiples souffrances ressenties par les expulsés.

D’oú la diversité des regards recherchée dans la sélection des films projetés : certains abordent des thèmes universels comme la pollution environnementale, les rôles hommes/femmes… Certains ont une forme cinématographique originale : animation avec House, sans parole pour Condom Lead, ou humoristique comme Samir’s room.

Il s’agit de mieux faire connaître la détermination des Palestinien-ne-s qui aujourd’hui refusent d’abandonner leur maison et leurs champs face aux attaques violentes des colons, et qui se trouvent enfermés derrière le Mur, conscients de s’opposer à un nouvel exil et à la disparition définitive de la Palestine.

Lien entre créativité et politique ?

Les projections auront lieu au cinéma Le Spoutnik à Genève, et seront suivies de discussions et d’échanges, avec buffet oriental et soirée musicale, à La Barje des Volontaires. Enfin, une exposition de photographies interpellera les visiteurs toute la durée du festival, et une table ronde sera organisée sur le thème "Est-ce que pour un-e cinéaste palestinien- ne, création artistique et engagement politique sont forcément liés ?"  Pour animer les rencontres entre public et cinéastes -des échanges essentiels-, PFC’E accueillera six réalisatrices palestiniennes. Parmi elles, Carol Mansour présentera en première européenne son documentaire " Nous ne pouvons pas y aller maintenant, mon ami", traitant du drame vécu par les Palestiniens de Syrie (camp de Yarmouk), obligés de fuir et de chercher une deuxième terre d’exil (difficultés de passage au Liban etc). « Une histoire où les souvenirs ont été réveillés entre un exode et l’autre, et où la perte envahit tout jusqu’au plus intime. Une histoire où les causes et les conséquences sont connues mais pas la conclusion. Une histoire où des vies sont à reconstruire encore et encore, en improvisant, dans l’attente du retour. »

Seront aussi présentes trois jeunes cinéastes originaires de Cisjordanie et de Gaza : Liali Kilani, Alaa Desoki et Athar Al-Jadili, révélées et soutenues par le Festival palestinien de film de femmes Shashat dont dix court-métrages seront projetés. Leurs oeuvres, fortes, ont été réalisées avant la guerre à Gaza en juillet et août 2014, et proposent un regard inédit, souvent intimiste, sur la vie en Palestine. Elles sont des témoins en première ligne de cette actualité.

Toute aussi engagée, Mai Masri viendra présenter son film "Rêves d’exil" et débattre, échanger avec le public. Elle forme avec son mari Jean Chamoun un duo impliqué depuis plus de vingt ans dans la réalisation de documentaires relatant les événements quotidiens de leurs pays respectifs, la Palestine et le Liban. Le couple a déjà remporté plus de 60 prix internationaux pour ses films.

Solidarité avec le peuple palestinien le 29 novembre

PFC’E est notamment soutenu par la Ville de Genève et la Mission Permanente d’observation de la Palestine auprès des Nations Unies. Depuis 2012, PFC’E a accueilli plus de 1’000 participants, avec des salles toujours combles, et un public diversifié comprenant aussi bien des personnes engagées que d’autres simplement intéressées à en savoir davantage sur la Palestine.

Symboliquement, chaque année ces Rencontres ont lieu autour du 29 novembre, date retenue par l’ONU pour la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien. Ce jour-là en effet, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté, en 1947, la résolution 181 (II) PDF, connue par la suite sous le nom de résolution sur le plan de partage, qui prévoyait la création en Palestine d’un « État juif » et d’un « État arabe », Jérusalem étant placée sous un régime international spécial.

Pour plus d’information : www.palestine-fce.ch

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