Le Conseil des droits de l’homme entendra-t-il les voix du peuple ?

InfoSud
21 juin 06 - Espoirs et doutes se bousculent chez les défenseurs des libertés. Beaucoup d’ONG du Sud sont outrées de voir leurs « Etats-voyous » siéger au Conseil. Celles du Nord essaient de trier le bon grain de l’ivraie.

« Je ferai tout pour que ce Conseil des droits de l’homme soit ouvert aux voix des plus faibles. » C’est ainsi que l‘ambassadeur mexicain Luis Alfonso de Alba a entamé son mandat à la tête du nouvel organe onusien.

Cependant, de nombreuses ONG du Sud ont pris une claque en apprenant que leur gouvernement était devenu membre du Conseil. Avec les militants du Nord, ils guettent chaque étape, inquiets de savoir s’ils vont perdre ou gagner au change.

« L’Arabie saoudite, le Bahrein, la Jordanie, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, tous responsables de milliers de détentions arbitraires, de disparitions, de tortures, d’assassinats… Et on donne trois ans à de tels pays pour défendre et promouvoir les droits de l’homme dans le monde ! Vraiment pas sérieux. » Mohamed Zitout est porte-parole de Al-Karama, une ONG pan-arabe créée en 2003 à Genève pour dénoncer des cas de barbarie auprès de l’ancienne Commission. D’entrée de jeu, les ONG du Sud se sentent dupées.

Le vrai visage du Conseil

De leur côté, les ONG du Nord proposent de juger sur pièce. « Ces élections font partie des règles du jeu de l’ONU », explique Federico Andreu-Guzman, secrétaire général-adjoint de la Commission internationale des juristes.

Pour Guzman, le nouveau Conseil offre sans conteste des améliorations possibles. Mais son vrai visage se révèlera lorsque les pays passeront au crible via un examen périodique universel. « Là, on verra vraiment s’il y a deux poids deux mesures, renchérit Eric Sottas, directeur de l’Organisation mondiale contre la torture.

Quand les grandes puissances comme la Russie ou la Chine devront comparaître, les autres pays arriveront-ils à faire respecter les rapports des experts ? »

2’000 ONG

Mariette Grange, directrice du bureau de Human Rights Watch à Genève, rappelle qu’à la Commission, les ONG ont réussi à acquérir une place unique dans le système onusien, avec des possibilités d’intervenir dans les sessions. « Sur papier ces acquis sont maintenus, mais il faudra voir dans la pratique, explique-t-elle. En quinze ans, le nombre des ONG a passé de quelques centaines à 2’000. Pour donner un temps de parole à chacune d’elles… »

Autre inquiétude partagée par tous : les plaintes individuelles pourront-elles se dérouler en public ? « Jusqu’à présent, lorsque quelqu’un portait plainte pour torture ou une autre violation, tout le débat se déroulait à huis-clos. Même le plaignant était écarté, explique Guzman. Il faut changer les règles pour que le système soit transparent. » Réponse d’ici un an ?

Voir en ligne: Al-Karama
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