La nouvelle vie des anciens prisonniers palestiniens

18 mars 14

Lire l’article de Cyrielle Louis, correspondante à Jérusalem, LeFigaro.fr

"Graciés dans le cadre du processus de paix, d’ex-détenus s’interrogent sur le sens du « sacrifice » consenti au nom de la lutte armée.

De retour après vingt-huit ans d’absence, c’est à peine si Ahmed Farid Chahada a reconnu sa ville. Les tours et les cafés à la mode ont poussé aux quatre coins de Ramallah. Le long d’artères embouteillées, l’uniforme kaki de l’armée israélienne a cédé la place à celui, bleu nuit, des policiers palestiniens. Sur la colline qu’on découvre par la fenêtre de sa chambre, la colonie israélienne de Kokhav Yaakov a depuis longtemps recouvert les figuiers de son enfance.« La Palestine ? C’est devenu mieux et pire à la fois », soupire, déboussolé, ce « revenant » de 51 ans. Le 31 décembre, Ahmed Farid Chahada a été libéré par Israël, en même temps que vingt-cinq autres prisonniers palestiniens purgeant de très longues peines.

Tous ont été graciés dans le cadre des négociations de paix engagées à l’initiative du secrétaire d’État américain John Kerry. Lui a pris perpétuité, en avril 1986, pour l’assassinat d’un « collaborateur » à Ramallah. « Cette crapule rachetait nos maisons pour les revendre à des Israéliens », grimace l’ex-militant du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP). À son retour, il a été accueilli en héros et reçoit chaque jour, par dizaines, les visiteurs venus saluer son « sacrifice ».

À la fois amer et émerveillé, Ahmed Farid Chahada s’interroge sur cette « nouvelle » Palestine dont il ignore beaucoup. Des deux Intifadas, de l’espoir soulevé par les accords d’Oslo ou de la brouille fratricide entre Fatah et Hamas, il n’a longtemps capté que des rumeurs assourdies par les murs de sa cellule. Après trois mois de liberté, il se dit impressionné par les acquis du nationalisme palestinien, mais juge l’occupation plus visible que jamais. « Quand je sors de chez moi, je ressens d’abord une bouffée d’orgueil en voyant ces policiers palestiniens chargés de maintenir l’ordre, illustre-t-il, mais la vision du mur me rappelle toujours que la paix est lointaine. » Plus sombre, il ajoute : « Je me dis qu’une troisième intifada sera sans doute nécessaire pour gagner vraiment notre indépendance. »"

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