La Corée du Sud, modèle de l’économie verte

InfoSud
1er février 10 - Le dragon asiatique est le premier pays à avoir réagi à la crise mondiale en appliquant un plan de relance basé sur l’économie verte. Jeudi, son président expliquait aux invités de Davos la stratégie nationale basée sur une gestion rationnelle de l’eau.

Carole Vann/InfoSud - La Corée du Sud figure de proue de l’économie verte ! Ce jeudi, son président Lee Myung-Bak expliquait aux décideurs de la planète réunis à Davos les choix écologiques de ce dragon asiatique. Déjà, la semaine dernière, une ONG basée à Genève, spécialisée sur question de l’eau, l’environnement et la santé, GIWEH (Global Institute for Water Environment and Health), lançait un appel avec l’UNEP (le Programme des Nations Unies pour l’Environnement) afin que les Etats intensifient une politique mondiale basée sur l’économie verte. Avec pour exemple phare la Corée du Sud. « C’est le premier pays au monde qui a apporté une réponse drastique à la crise financière avec un méga projet d’économie verte », affirme Nidal Salim, directeur de GIWEH.

Mustapha Kamal Gueye, responsable des questions économiques pour l’UNEP, confirme : « dès janvier 2009, en réponse à la récession croissante, la Corée annonçait son intention de consacrer plus de 80% de ses fonds de relance – 38,1 milliards de dollars, soit l’équivalent de 3,6% de son PNB – à une économie verte. » Le gouvernement a présenté un projet national afin de créer 960,000 nouveaux emplois et poser les fondations de la croissance économique : Trente six projets incluant l’assainissement des eaux, le traitement des déchets, la création de réseaux de transports écologiques, la construction de deux millions de "maisons écologiques".

A titre de comparaison, les pays industrialisés n’investissent pas plus que 0,6% de leur PNB. Or ces Etats ont été nominalement désignés dans la liste du protocole de Kyoto comme devant impérativement réduire entre 2008 et 2012 leurs émissions de gaz à effet de serre de 5% par rapport à 1990.

2/3 de la relance verte de la planète vient d’Asie

Et l’économiste de relever que plus des deux tiers de la relance verte de la planète vient d’Asie, avec en tête la Chine qui y investit 5,2% de son PNB, suivi de la république de Corée et du Japon.

En juillet dernier, Séoul faisait un pas de plus, avec l’annonce d’un plan quinquennal, de 2009 à 2013, visant à dépolluer et aménager les berges des quatre principaux fleuves qui sillonnent le pays : Han, Geum, Yeongsan, Nakdong. Coût de l’opération : 83,6 milliards de dollars.

La Corée du Sud est particulièrement vulnérable aux changements climatiques. Entre 1912 et 2008, la température du pays a augmenté de 1,74°C, ce qui est largement au-dessus de la moyenne mondiale (0,6°C). Inondations et sécheresses, déjà dévastatrices, vont s’empirer. Parmi les objectifs clés, le gouvernement, se fixe de sécuriser suffisamment de ressources en eau en installant des systèmes de contrôle, en améliorant la qualité de l’eau et en restaurant les écosystèmes des fleuves et de leurs affluents. Trente quatre espaces particulièrement pollués seront réaménagés. « Grâce à ce plan quinquennal, 90% de l’eau des quatre rivières sera de bonne qualité d’ici 2010, précise Nidal Salim. Cela entraînera la création de 340’000 emplois supplémentaires et les gains indirects sont estimés à 31 milliards de dollars. »

Autre problème de la Corée du Sud : sa dépendance aux énergies fossiles. Le pays, qui importe 97% de ses combustibles, subit de plein fouet les hausses des coûts du pétrole. La stratégie coréenne prévoit que la consommation d’énergie renouvelable passera de 2,7% en 2009 à 3,78% en 2013, et à plus du double en 2020.

Véritable laboratoire expérimental, l’exemple coréen pourrait être suivi par d’autres vu les urgences planétaires. « D’ici 2030, les besoins en énergie dans le monde augmenteront de 45%, ce qui entraînera une augmentation équivalente des émissions gaz à effet de serre, avertit Mustapha Kamal Gueye. La température moyenne doit augmenter de 6° ces 100 prochaines années. Les premiers touchés sont les pays les moins développés. L’orientation vers une économie verte est une solution non négligeable pour l’élimination de la pauvreté d’ici 2015. »

Pour lire d’autres articles sur un des thèmes abordés ici, utiliser la fonction «  recherche avancée »
Chartes  |  Qui sommes-nous ?  |  Impressum  |  contact
Palais des Nations, Bureau S-84  |  Avenue de la Paix 8-14  |  CH-1211 Genève 10  |  T: +41 22 917 29 30  
réalisé par vocables.com avec Spip
sommaire le temps L´Orient-Le Jour Geopolitis swissinfo LE COURRIER rue 89 Slate Afrique ipsnews