L’expérience de la dictature communiste

InfoSud
Thomas Husak. Photo Humberto Salgado
18 mars 07 - Représentant permanent de la Tchéquie auprès de l’ONU à Genève, Tomas Husak est également le vice-président - au sein du Conseil des droits de l’homme - du groupe de travail en charge des experts indépendants appelés rapporteurs spéciaux. Interview.

Pamela Taylor - Venant d’un pays marqué par la dictature communiste, Tomas Husak est particulièrement conscient de l’importance des rapporteurs spéciaux.

Durant l’ère soviétique, votre pays s’est distingué en bloquant les mécanismes de l’ancienne Commission des droits de l’homme. Fort de cette expérience historique, quel regard jetez-vous sur les négociations en cours au sein du Conseil des droits de l’homme ?

Thomas Husak : C’est vrai que ceux d’entre nous qui viennent de l’ancien bloc de l’Est sont plus sensibles à de nombreux thèmes liés aux droits humains. Nous conservons dans notre mémoire ce qu’il advient quand le respect démocratique des droits de l’homme est absent.

Nous savons bien ce qui se passe quand une organisation internationale est dominée par des considérations politiques : les violateurs des droits humains peuvent agir en toute impunité. C’était le cas avec l’ancienne Commission des droits de l’homme. La politisation du travail des rapporteurs spéciaux de l’ONU a, par exemple, sapé la réputation de tout le système.

Vous avez vécu la transition de la dictature à la démocratie. Quel regard portez-vous sur la volonté du bloc des pays africains et islamiques de limer les dents du Conseil des droits de l’homme, comme à l’époque du bloc soviétique ?

Notre tâche est de restaurer la confiance de cette institution. Un objectif ardu, tant les mandats des rapporteurs spéciaux étaient politisés dans le passé. Comme l’a dit le secrétaire général des Nations unies, les rapporteurs spéciaux sont les « bijoux de la couronne » hérités de l’ancienne Commission des droits de l’homme. Ces experts indépendants ont toujours fait un bon travail. Le problème est venu des limites qui leur étaient imposés.

Pensez-vous que les autres membres du Conseil issus de l’ancien bloc de l’Est peuvent avoir une influence positive sur des thèmes comme celui-ci ? Comme je l’ai dit, nous sommes très conscients de ce qui se passe quand on ignore les violations des droits de l’homme et nous sommes prêts à partager cette expérience avec les autres.

Mais des ONG déplorent que les membres de l’ancien bloc de l’Est ne prennent pas assez souvent la parole pour témoigner de leurs expériences passées et qu’ils se contentent de suivre aveuglément les autres pays de l’Union européenne.

Vous pouvez en effet considérer que la plupart d’entre nous font partie du même groupe puisque, sur de nombreux points, nous avons des points de vue similaires à ceux des autres membres de l’Union européenne. Cela dit, nous défendons aussi des approches particulières qui peuvent influencer en amont l’Union européenne dans sa recherche d’une position commune.

Cela signifie-t-il que l’accession de la Roumanie à la présidence du Conseil des droits de l’homme en juin prochain va apporter une vision différente sur certains thèmes ?

Non, je n’attends pas de grands changements au sein du Conseil. Il y aura peut-être une plus grande sensibilité sur certaines questions, comme l’utilisation d’excuses techniques pour affaiblir de Conseil. Sinon, je ne m’attends pas à des changements dans le fonctionnement de la présidence du Conseil.

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