L’apport des médecines alternatives au Nord comme au Sud

15 juin 12 - Depuis des millénaires, l’être humain utilise des plantes pour se soigner. Jeudi, une conférence organisée au CHUV a fait dialoguer les pratiques curatives traditionnelles du Nord et du Sud avec la médecine moderne. Regards croisés de trois spécialistes.

FEDEVACO, 14 juin 2012 - L’expérimentation montre que certains principes actifs extraits de plantes s’avèrent efficaces pour lutter contre des maladies infectieuses comme le paludisme. L’aspect relationnel est tout aussi important comme l’a relevé Sylvie Petter, infirmière spécialisée en médecine tropicale et volontaire d’E-CHANGER au Brésil. L’accompagnement de l’organisation suisse contribue à la mise en place d’un programme de promotion de la santé respectueux de la culture et du mode de vie du peuple Yanomami. “Au Brésil, malgré les récentes réformes, les politiques gouvernementales et la gestion des programmes de santé ne sont pas assez adaptées aux réalités et aux besoins des indigènes”, a-t-elle témoigné. “L’enjeu de notre action est de réduire la dépendance des Yanomamis au système de santé allopathique et promouvoir de véritables politiques participatives de santé indigène. Ce qui implique de revaloriser l’usage médical des plantes, tout en mettant en place des actions préventives”, a conclu la coopérante.

Depuis la nuit des temps, l’homme utilise des plantes pour se soigner a rappelé Bertrand Graz, médecin agrée à l’Unité d’enseignement et de recherche sur les médecines complémentaires de l’Université de Lausanne. “A l’heure actuelle, plus de 30% des médicaments commercialisés en Europe sont d’origine végétale. Ils sont destinés au traitement des maladies les plus diverses. A titre d’exemple, une plante utilisée en médecine traditionnelle chinoise depuis plus de 2000 ans est la base principale des médicaments antipaludéens actuels. D’autres traitements à base de plantes sont utilisés pour soigner les patients atteints de troubles du sommeil (valériane) ou contre l’anxiété (gentiane)”, a-t-il indiqué.

Au Nord comme au Sud, les soins impliquent une interaction entre deux personnes, mais aussi des représentations de ce que sont ou doivent être les liens au sein d’une communauté a insisté le professeur Patrice Guex. “On a pu constaté que la notion d’échange ou de médiation revêtait une importance centrale au Brésil avec l’exemple du chaman en tant que guérisseur attitré de la communauté. Les dimensions émotionnelles et relationnelles, la relation soigné-soignant, sont tout aussi importantes dans le système suisse de santé”, a jugé l’ancien chef du Département de psychiatrie du CHUV.

Chaque année, la FEDEVACO, en collaboration avec le DSAS et le CHUV, organise une telle conférence publique. Convaincu qu’il y a beaucoup à apprendre des expériences faites dans les pays du Sud, le chef du DSAS Pierre-Yves Maillard veut permettre le partage de savoirs entre professionnels de la santé d’ici et d’ailleurs sur les enjeux sanitaires de notre monde globalisé. “Le partenariat avec la FEDEVACO va au-delà du financement de projets dans le domaine de la santé”, a-t-il rappelé. “S’il est vrai que, en sept ans, le budget alloué par mon département à solidarité internationale a quintuplé, la réciprocité Nord-Sud fait partie intégrante de notre politique de coopération et contribue à la sensibilisation des collaboratrices et des collaborateurs de l’administration”, a expliqué le conseiller d’Etat.

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