L’ONU dénonce les crimes de la junte birmane

InfoSud
Tomas Ojea Quintana parmis des écoliers birmans en 2008. Photo : ONU
25 mai 10 - La junte militaire maintient 2100 opposants politiques sous les verrous

Carole Vann/InfoSud - La junte birmane a promis pour octobre 2010 des élections « libres, équitables et ouvertes ». Il s’agirait des premières législatives depuis celles de 1990, qui avaient abouti à une écrasante victoire de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti d’Aung San Suu Kyi. Les militaires avaient alors refusé d’en reconnaître les résultats. Au­jourd’hui, la Prix Nobel de la paix est sous les verrous, elle ne sera pas libérée avant novembre, ce qui l’exclut d’office des scrutins. Avec elle, 2100 « prisonniers de conscience », comme les définit Tomas Ojea Quintana, le rapporteur spécial de l’ONU, juste de retour de Birmanie.

Dans son rapport qu’il délivrait lundi 17 mai au Conseil des droits de l’homme, l’expert argentin a apprécié les efforts de coopération des autorités birmanes pour sa 3e mission dans le pays. Il a pu accéder à trois prisons, Sitwee, Buthidaung et Insein, et a pu s’entretenir avec 14 prisonniers. Mais Tomas Ojea Quintana a précisé que la durée autorisée pour sa mission était trop courte et l’accès accordé limité. Il s’est dit très inquiet de l’état des droits de l’homme, parlant de violations systématiques des libertés pour lesquelles le gouvernement devrait impérativement rendre des comptes avant les élections. Le rapporteur a été jusqu’à évoquer de possibles crimes contre l’humanité, précisant qu’une enquête serait nécessaire pour le déterminer.

Musulmans visés

« Actuellement, 430 membres de la LND figurent au nombre des 2100 prisonniers de conscience au Myanmar », a-t-il rappelé, précisant que « par prisonniers d’opinion, j’entends des militants, des minorités ethniques, des moines, des nones, des travailleurs sociaux, des artistes. Le gouvernement refuse de reconnaître qu’il s’agit de délits d’opinion. »

Autre préoccupation majeure du rapporteur argentin : les populations musulmanes dans le nord de l’Etat d’Arakan. Un million de personnes privées de leur citoyenneté en raison de leur appartenance ethnique sont traitées comme des immigrants illégaux. « Les mariages y sont punis d’emprisonnement, les nouveau-nés ne peuvent être enregistrés et sont donc exclus des systèmes de soins et d’éducation. Là aussi le déni des autorités est alarmant », poursuit l’expert.

Pour rappel, le CICR ne visite plus les prisons birmanes depuis 2006, considérant que le respect minimal des Conventions de Genève n’est pas garanti par la junte.

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