L’Asie du Sud-Est a de plus en plus soif d’énergie

L’Agence internationale de l’énergie exhorte les pays de l’Asie du Sud-Est à améliorer leur efficacité énergétique, alors que sa demande va fortement augmenter (photo : Bangkok en Thaïlande. ©DR)
25 novembre 13 - Au sein de l’ASEAN, la demande d’énergie -qui représente aujourd’hui la moitié de la demande mondiale- devrait augmenter de 80% d’ici à 2035. Mais les émissions de CO2, particulièrement néfastes pour l’environnement, devraient aussi doubler dans la même période.

John Berthelsen, HongKong/InfoSud-AlterAsia - L’Asie du Sud-Est est en passe de devenir l’une des régions les plus énergivores de la planète. Aujourd’hui, la demande d’énergie en provenance de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) représente la moitié de la demande mondiale. Une proportion qui devrait encore augmenter de 80% d’ici à 2035, selon un rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) publié mi-octobre.

Si cette tendance s’avère plutôt encourageante pour le développement des dix membres de l’ASEAN, elle l’est moins pour l’environnement. En effet, du fait de cette surconsommation de charbon et autres combustibles naturels, les émissions de CO2 auront presque doublé d’ici à une vingtaine d’années.

Pourtant, améliorer l’efficacité énergétique pour limiter la pollution atmosphérique apporterait des économies notables. Avec des politiques publiques appropriées, il serait ainsi possible de réduire la demande d’énergie de près de 15% en 2035.

Accès inégal à l’électricité

Une demande d’électricité moindre et une utilisation des centrales plus performante permettraient aussi de réduire les besoins en charbon de 25%. Enfin, des équipements industriels plus adaptés, ajoutés à des normes plus strictes concernant les carburants et une élimination plus rapide des subventions en faveur des énergies fossiles entraîneraient une réduction de la demande en pétrole (10%) et en gaz (11%).

Car ces soutiens financiers aux énergies fossiles sont bien l’un des principaux nœuds du problème. Avec 51 milliards de dollars déversés sur l’Asie du Sud-Est en 2012, ces subventions restent un facteur important de distorsion sur les marchés de l’énergie, encourageant le gaspillage. Elles resserrent les budgets publics et dissuadent les investissements dans les infrastructures d’énergie et de technologies efficaces.

Autre aspect : plus de 130 millions de personnes dans la région n’ont toujours pas accès à l’électricité. Des efforts intensifs devraient être déployés pour leur apporter de l’énergie au cours des vingt prochaines années. En effet, bien que Brunei, la Malaisie, la Thaïlande et Singapour aient accès à l’électricité, les niveaux de pénétration sont inférieurs de 75% environ au Cambodge, en Birmanie, aux Philippines et en Indonésie.

En outre, près de la moitié de la population de la région compte encore sur l’utilisation traditionnelle de la cuisson de biomasse, ce qui crée un risque grave de décès prématurés dus à la pollution de l’air intérieur. Le déclin des champs pétrolifères et les chances limitées d’en trouver de nouveaux devraient également provoquer une diminution de la production de brut d’un tiers environ, faisant de l’Asie du Sud-Est le quatrième importateur mondial de pétrole, derrière la Chine, l’Inde et l’Union européenne. On estime que sa dépendance aux importations de pétrole va plus que doubler, passant de 1,9 million de barils par jour à un peu plus de 5 millions.

Les dépenses sur les importations nettes de pétrole devraient donc tripler, pour atteindre près de 240 milliards de dollars en 2035. Sur la même période, quelque 1,7 milliard de dollars d’investissements seront nécessaires pour développer les infrastructures énergétiques, dont 60% pour l’électricité.

Réformes obligatoires

Mobiliser autant d’argent sera difficile, préviennent les auteurs du rapport de l’AIE. Les gouvernements du Sud-Est asiatique devront prendre des mesures importantes au cours de la période à venir dans les secteurs clés. Il leur faudra déterminer des économies de carburant, des normes de construction plus strictes et des normes de rendement énergétique pour une large gamme de produits.

Enfin, les capacités et la collecte de données sur l’énergie devront être améliorées, préalable d’une politique publique efficace. Des objectifs réalistes et mesurables seront nécessaires, comme des mécanismes de suivi des progrès, et la possibilité d’apporter des ajustements si nécessaire.

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