Etudiants américains : un avenir criblé de dettes

Les Indignés de Wall Street comptent dans leurs rangs des étudiants américains bardés de diplômes … et de dettes. http://occupywallst.org/. DR.
18 novembre 11 - Mille milliards de dollars… C’est le montant vertigineux de la dette contractée par les étudiants américains. De quoi imposer à toute une génération de diplômés des décennies d’austérité.

Boston, John Dyer/Infosud - L’ économie américaine est à nouveau minée par un problème de dette. Cette fois-ci, ce sont les étudiants qui sont directement visés. D’après la réserve fédérale new-yorkaise, la dette issue des prêts bancaires des universitaires s’élève à mille milliards de dollars en 2010. Un record. Selon le College Board, un groupe d’intérêt des universités, les étudiants empruntent deux fois plus qu’il y a dix ans (taux d’inflation inclus).

Une situation qui ne peut que s’aggraver : aux Etats-Unis, la plupart des étudiants doivent financer eux-mêmes leurs études et le coût de l’éducation continue à fortement augmenter. Sans autre choix que de cumuler des crédits pour paradoxalement assurer leur avenir, ils peuvent s’endetter pour plusieurs dizaines de milliers de dollars chaque année.

Pas le droit à l’erreur

Cette spirale est d’autant plus intenable que les étudiants doivent commencer à rembourser leur emprunt une fois le diplôme obtenu. Cela quelles que soient les difficultés que peut rencontrer le débiteur. Même en cas de faillite personnelle, cette dette ne s’efface pas, contrairement aux autres types de dette. « Les conséquences sont tellement graves que les étudiants n’ont pas le droit à l’erreur », confie Alisa Cunningham, chercheuse à l’Institute for Higher Education Policy à Washington. Or, avec un taux de chômage avoisinant les 9% aux Etats-Unis, de nombreux diplômés ne peuvent pas rembourser leur emprunt. En 2009, 8,8% d’entre eux étaient en défaut de paiement contre 6,7% deux ans plus tôt.

Le pire marché de l’emploi

Un business juteux et sur le long terme pour les organismes de crédit qui n’a pas échappé à certaines universités : elles sont de plus en plus nombreuses à développer des entreprises rentables de prêts sur le dos des étudiants. Les critiques se font de plus en plus virulentes contre ce fonctionnement, les facultés incriminées ciblant délibérément les étudiants issus de familles pauvres.

Une politique clairement irresponsable pour Jake Stillwell, porte-parole de l’Association des étudiants américains. Selon lui, alors que ces universités font miroiter de bonnes chances d’emploi grâce à leur diplôme, elles passent sous silence les conséquences de contracter un prêt. « En moyenne, les dettes d’un diplômé s’élèvent à 25’000 dollars avant de se lancer sur le pire marché de l’emploi de l’histoire », conclut Jake Stillwell.

La question de la dette estudiantine est au cœur des manifestations qui secouent tout le pays. « Je suis un jeune médecin, qui arrive tout juste à survivre avec mon salaire », écrit un membre du mouvement Occupy Wall Street sur le site We Are the 99 Percent. « J’ai plus de 200’000 dollars de dette étudiante. Je dois payer près de mille dollars par mois. Même à ce rythme, je vais avoir besoin de 30 ans pour rembourser totalement. Dans ces conditions, comment pourrais-je acheter une maison, assumer des enfants et épargner pour l’avenir ? »

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