Etape majeure ou compromis branlant ?

Carole Vann - InfoSud, Frédéric Burnand - swissinfo
Adrien-Claude Zoller, directeur de Genève pour les droits de l’homme
16 mars 06 - Après l’adoption du Conseil des droits de l’homme, les réactions des principales ONG vont du soulagement à l’inquiétude. A New York, le projet de Conseil des droits de l’homme - qui siégera à Genève dès le 19 juin - a été adopté par 170 Etats membres, avec l’opposition des Etats-Unis et d’Israël.

Le refus obstiné de Washington marque-t-il une fracture dans le système international, ou sera-t-il surmonté par les défenseurs des droits de l’homme ? Ces derniers sont partagés.

Nicolas Howen, secrétaire général de la Commission internationale de juristes se félicite du oui massif au nouvel organe :« Maintenant, il faut monter aux Etats-Unis que cette résolution en vaut la peine. Espérons qu’ils reconnaîtront finalement que c’est le meilleur Conseil qu’on pouvait avoir. Le pire scénario aurait été que des pays demandent des amendements aux textes.

Eric Sottas, de l’Organisation mondiale contre la torture est « soulagé de sortir de l’incertitude. En fait, les Etats-Unis ont opté pour un NON mou : ‘on vote non mais on sera candidat pour être membre du Conseil… » Les questions qui se posent maintenant : la Commission pourra-t-elle traiter les dossiers en souffrance durant le temps qui lui reste ?

Iain Levine, l’un des directeurs à New York de Human Rights Watch estime que cette adoption constitue une étape majeure pour la protection des droits humain. « Mais il ne s’agit que d’un premier pas. En fait, le travail commence vraiment maintenant. »

Une position semblable à celle de Louise Arbour (Haut-commissaire aux droits de l’homme) que par Kofi Annan, le secrétaire général sortant des Nations Unies.

En revanche Reporters sans frontières réitère ses critiques : « Ce compromis est mauvais puisqu’il n’empêchera pas les Etats prédateurs de siéger au sein de ce futur Conseil », déplore son dirigeant Robert Ménard.

Contrairement à Amnesty International ou Human Rights Watch, Ménard considère que les améliorations du nouvel organisme sont "insignifiantes", risquent fort d’affaiblir les enquêtes menées par des rapporteurs indépendants qui doivent être reprises par le nouveau Conseil.

« Nous avons toujours été plus critiques que ces ONG et nous sommes fiers d’avoir été exclu de l’enceinte de l’ONU pendant une année pour avoir dénoncé la présidence libyenne de la Commission des droits de l’homme », rappelle encore le dirigeant de RSF.

Adrien-Claude Zoller, directeur de Genève pour les droits de l’homme, ONG de formation pour les défenseurs des droits humains, souligne un autre point problématique : « C’est la première fois qu’un organe des Nations Unies n’est pas adopté à l’unanimité. Un dangereux précédent ! »

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