Enquête suisse en Afghanistan

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28 octobre 06 - En plein scandale des photos macabres prise par des soldats allemands, le ministre de la défense ordonne une enquête. Des militaires suisses sont en effet actuellement en Afghanistan.

Samuel Schmid, qui juge « choquantes » les profanations perpétrées par les troupes germaniques, se dit quasiment persuadé que les Suisses n’y ont pas participé.

Ces trois militaires font partie de l’état-major et n’effectuent pas de patrouilles, explique le ministre de la défense dans un entretien diffusé samedi par le quotidien de boulevard alémanique.

Personnellement, Samuel Schmid ne croit « vraiment pas » que ces hommes soient impliqués dans les profanations, mais il a tout de même ordonné une enquête « pour plus de sûreté ».

L’armée suisse forme ses recrues de telle façon que de semblables agissements ne soient « pas possibles, pour autant que l’on puisse en juger », affirme Samuel Schmid. Les soldats suisses engagés à l’étranger bénéficient en outre généralement d’une plus grande expérience que les autres.

Le recrutement en cause

Pour Martin Kallen, chef du service psycho-pédagogique de l’armée suisse, la racine des problèmes survenus en Afghanistan pourrait se situer au niveau du recrutement. Il est possible de filtrer à ce stade les personnes fragiles et inadéquates, estime-t-il dans un entretien diffusé samedi par le quotidien Neue Luzerner Zeitung.

Martin Kallen reconnaît cependant qu’il est « très difficile de savoir comment un être humain peut réagir dans des circonstances extrêmes ».

Pour le psychologue, l’affaire des photos macabres faites par les soldats Allemands témoigne également d’un manque de respect vis-à-vis d’autres cultures. Éducation insuffisante et dégradation des moeurs jouent selon lui un rôle essentiel à cet égard.

Nouvelles photos

Ces prises de position en Suisse surviennent à l’heure où en Allemagne, le tabloïd Bild publie de nouvelles photos macabres mettant en scène des ossements et des soldats allemands en Afghanistan.

Parues samedi, ces images montrent un soldat pointant une arme à feu sur un squelette humain grossièrement reconstitué. Sur un autre cliché, le squelette est surmonté d’un béret militaire et flanqué d’un pistolet. Les photos remonteraient à fin 2003/début 2004.

Deux soldats interrogés par Bild laissent entendre que ces séances macabres étaient régulières. Selon l’un d’eux, le site où se trouvent les ossements « faisait partie de notre zone. Nous y passions au moins une fois par semaine ».

La chancelière allemande Angela Merkel a pour sa part dit au magazine Focus (à paraître lundi) : « Il faut qu’en Afghanistan l’on sache que de tels actes ne sont pas tolérés, mais punis sans indulgence ». Elle a cependant exclu tout retrait des soldats allemands, selon Focus.

Plusieurs enquêtes disciplinaires et judiciaires ont été ouvertes contre les suspects. Deux soldats ont été suspendus vendredi.

swissinfo et les agences

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