Droits de l’homme cherchent tribunal

InfoSud
Professeur Kirk Boyd. Photo I. Agazzi
27 mars 07 - Parler des droits de l’homme est une chose, agir pour les faire respecter en est une autre. Fort de ce constat, Kirk Boyd, professeur à l’université américaine de Berkeley, se bat pour la création d’une Cour internationale des droits de l’homme, devant laquelle les citoyens pourraient porter plainte.

Propos recueillis par Isolda Agazzi - Le projet de Cour internationale sur lequel travaille l’université de Berkeley, avec de nombreux partenaires, pourrait prendre comme modèle la Cour européenne des droits de l’homme. Aujourd’hui utopique, cette démarche contrebalance le désintérêt officiel de Washington pour la coopération sur les droits de l’homme. Interview avec Kirk Boyd, co-directeur du projet, en visite à Genève.

En quoi consiste votre projet ?

A essayer de réaliser pleinement les droits humains. Or, ceci n’arrivera que le jour où toute personne, dans n’importe quel pays, pourra porter plainte devant les tribunaux pour violation de ses droits : à la santé, à l’alimentation, au logement, au travail. Notre projet de Convention vise à unifier deux catégories de droits : civils et politiques d’une part, économiques, sociaux et culturels d’autre part. Il faut les rendre assez explicites pour qu’ils soient justiciables au niveau national. On prévoit aussi la création d’une Cour internationale, pouvant être saisie après épuisement des voies de recours internes. Ce sera une cour civile, à qui on pourra s’adresser dès qu’une violation commence à se produire, sans attendre qu’elle ait eu lieu, comme c’est le cas pour la Cour pénale internationale.

Qui sont vos partenaires ?

Le projet a démarré en janvier 2007 et à l’heure actuelle nous avons plusieurs centaines de partenaires : ONG, instituts de recherche, individus. Pour l’heure il s’agit d’un projet académique, auquel nous essayons d’associer des acteurs de toutes les cultures.

Comment pensez-vous réaliser un projet aussi ambitieux ?

Nous essayons d’élaborer un document aussi solide que possible, pour que les Etats se rendent compte d’eux-mêmes qu’il est inévitable : aujourd’hui 4 milliards de personnes vivent dans la pauvreté, avec des conséquences dramatiques pour toute l’humanité. La communauté internationale va prendre conscience de la nécessité d’agir, comme c’est le cas pour le réchauffement climatique. Je suis convaincu que dans cinquante ans ce projet verra le jour et que les gens pourront porter plainte pour atteinte à leurs droits, même aux Etats-Unis.

Pourtant, aux yeux de l’opinion publique internationale, les Etats-Unis se désintéressent des droits humains, jusqu’à se rendre eux-mêmes coupables des pires abus au nom de la lutte contre le terrorisme. Quel est votre sentiment ?

C’est l’administration américaine actuelle qui est aberrante, mais elle ne reflète pas l’histoire américaine, ni le peuple américain. Les Américains sont imprégnés des quatre libertés énoncées par Roosevelt : liberté de parole, de religion, d’accès aux besoins de base (santé, éducation), liberté de vivre sans peur - c’est à dire la paix. Or, il ne peut y avoir de paix durable tant que les trois premières libertés sont bafouées.

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