Derrière la photo choc, la détresse des Pakistanais

7 septembre 10

Zineb Dryef/Rue89 - Quatre enfants allongés par terre. Sur leurs corps, des dizaines, des centaines de mouches. L’un deux suçote un biberon vide. L’image est très dure, insoutenable. Ils ont l’air épuisés, incapables de bouger, trop envahis par les mouches pour pouvoir encore les chasser.

capture d’écran du site internet du Guardian

Ce cliché a été pris par Mohammad Sajjad, photographe à l’agence américaine Associated Press, au Pakistan le 27 août, près d’un mois après le début des inondations qui ont tué 1 700 personnes.

Le pays, toujours en grande difficulté, peine à venir à bout des conséquences de la catastrophe. Selon l’ONU, sur les 18,7 millions de Pakistanais touchés par les inondations, près de dix millions ont besoin d’être secourus, et trois millions d’entre eux attendent toujours une aide alimentaire.

Aussi monstrueux que sont ces chiffres, ils restent moins parlants que cette photo diffusée dans le monde entier et abondamment commentée. The Guardian retrouve l’enfant au biberon

Le quotidien britannique The Guardian a voulu aller voir derrière l’image, « plus forte que les statistiques ». Son envoyé spécial a pu retrouver l’enfant au biberon -qu’il avait toujours- et rencontrer sa famille.

Reza Khan, 2 ans, vit dans un camp de fortune au bord d’une route d’Azakhel, à environ trente kilomètres de Peshawar. Ils font partie de ces 11 000 réfugiés afghans, aujourd’hui sans autre abri que quelques tentes fournies par des ONG locales. Selon le témoignage de la famille, de l’aide humanitaire ils demeurent exclus car ils ne disposent pas d’une carte d’identité pakistanaise.

Avant les inondations, Fatima et Aslam, les parents de Reza et de ses six frères et sœurs, vivaient dans une petite maison modeste où ils disposaient d’une cuisine et d’un point d’eau. Il n’en reste rien aujourd’hui.

Abandonnés par l’Etat, ils sont sans ressources, ni toit. Certaines associations caritatives leur fournissent parfois de la nourriture mais au quotidien, ils n’ont rien. La mère de Reza raconte :

« Aujourd’hui, ils n’ont rien eu à manger. Je n’ai pas de nourriture. Il [Reza] pleure de faim. Ça fait un mois qu’il n’a pas eu la moindre goutte de lait. […]

Je demande : “Il n’y a aucun moyen pour que nous puissions avoir à manger ? S’il vous plaît, nos enfants meurent de faim.” »

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