Centrafrique : après le chaos un lourd bilan (Action contre la faim)

28 mars 13

Paris, le 28 mars 2013/ Action contre la faim - Après un week-end de violence, la capitale centrafricaine connaît un progressif retour au calme. Peu à peu, la vie reprend, témoignent les équipes d’Action contre la Faim. Mais c’est aussi le temps du bilan : entre destructions et pillages, la capitale mettra du temps à se rétablir. Particulièrement inquiétants : les dommages subis par les infrastructures de santé, déjà insuffisantes dans la capitale. A Bossangoa (ouest) également, la base d’ACF a été détruite.

Peu à peu, on recommence à marcher à pied dans les rues de Bangui. Après un week-end de chaos et de terreur, en dépit des coups de feu sporadiques que l’on entendait encore parfois mercredi dans la ville, le calme revient peu à peu dans la capitale.

Certains bus ont repris le service, les commerces reprennent peu à peu leurs activités. Mais le bilan est lourd : « Les pillages et destructions ont été massifs, notamment dans les hôpitaux, alors que les structures sanitaires sont déjà en temps normal largement insuffisantes par rapport aux besoins, » explique Alain Coutand, Directeur régional à Action contre la Faim. Bonne nouvelle cependant : en dépit de l’insécurité, le traitement des enfants sous-nutris sévères dans les centres de santé appuyés par Action contre la Faim a pu se poursuivent.

Des habitants traumatisés

« Il s’agit maintenant de répondre aux besoins d’urgence de la population la plus vulnérable, poursuit Alain Coutand, notamment en nutrition, en accès à l’eau mais aussi en santé mentale : beaucoup d’habitants ont été traumatisés par les événements de ces derniers jours et ont besoin d’un accompagnement. C’est pourquoi nous allons renforcer nos équipes. En parallèle, nous allons lancer des évaluations pour évaluer la situation, notamment sur le plan alimentaire. Si les marchés ont réouvert, les prix demeurent élevés, alors que de nombreux habitants ont tout perdu pendant les destructions et pillages. »

Une base d’ACF détruite

Enfin, il faut travailler à la réouverture des programmes dans les autres régions où ACF intervient, alors que l’une des bases d’Action contre la Faim, Bossangoa, a été totalement détruite la semaine dernière, même si les équipes ont pu préserver les moyens essentiels pour rebondir. Un coup dur pour ACF dans un pays où l’action humanitaire est un défi permanent. « La RCA est une des missions les plus difficiles pour des humanitaires, sans cesse freinés, entre autres difficultés, par le faible développement des infrastructures du pays. Faire transiter du matériel à l’intérieur du pays est un défi, » témoigne Vincent Taillandier, directeur des opérations.

Alors que plus de 30 % des ménages n’arrivent pas à couvrir de façon adéquate leurs besoins alimentaires, la précarité alimentaire et le sous-développement chronique rendent cependant vitale l’aide humanitaire. Un sous-développement lié à 3 causes principales : l’enclavement du pays, le peu d’aide internationale apporté à la RCA et l’instabilité politique, dont les troubles de ces jours-ci constituent la dernière illustration, et dont il faut absolument limiter les effets sur les populations civiles dans les semaines à venir, grâce à un effort conjoint de toutes les parties, notamment en protégeant l’action humanitaire.

ACF est présente en RCA depuis 2006. En dépit de l’instabilité début 2013, ACF a tenu à maintenir ses programmes dans la capitale, où plus de 500 enfants étaient traités, alors que le nombre de structures capables de prendre en charge la sous-nutrition aigue est très limité.

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