CNUCED XIII : La Suisse doit arrêter de monter sur ses grands chevaux

30 avril 12 - A la treizième conférence de l’ONU sur le commerce et le développement (Cnuced), qui s’est terminée le 26 avril dernier, les pays industrialisés et en développement s’affrontent avec des points de vue radicalement différents.

Alliance Sud - La Suisse se montre particulièrement offensive envers les pays en développement, car elle coordonne le Jusscannz – qui regroupe tous les pays industrialisés sauf ceux de l’Union européenne (notamment les Etats-Unis et le Japon).

Le prétexte est un rapport de l’inspectorat interne de l’ONU, qui critique la gestion de la Cnuced. Le groupe Jusscannz et l’UE ont sauté sur l’occasion pour restreindre le mandat de cette dernière. Ce qui serait supprimé, c’est précisément ce qui distingue la Cnuced des autres organisations. A savoir le département qui analyse l’économie et la politique économique du point de vue des pays en développement. La Suisse veut donc aider à faire taire l’une des rares voix dissonantes du chœur de l’économie néo-libérale que sont le FMI, la Banque mondiale et l’OCDE. Les analyses de la Cnuced après la crise asiatique 1997/98 et avant et après la débâcle financière de 2008 sont beaucoup plus proches de l’économie réelle que l’économie « mainstream ». Si les gouvernements avaient mieux écouté les recommandations de politique économique de la Cnuced, nous ne serions pas aujourd’hui dans la pire crise financière depuis les années 30.

Les négociateurs des pays industrialisés veillent au grain à effacer du document final toutes les parties sur les causes de la crise financière et économique, ou sur le lien entre la volatilité des prix des produits alimentaires et la faim. Et ce jusque dans les moindres détails : l’UE veut effacer un passage qui prévoit que les pays pauvres puissent obtenir des médicaments à des prix abordables, bien que le parlement européen ait prévu cela à plusieurs reprises. Et le groupe Jusscanz s’oppose à ce que le document final indique que les investisseurs étrangers doivent respecter les législations nationales. L’excuse est qu’il existe d’autres institutions qui s’occupent de macro-économie et politique économique. Ce sont le FMI, la Banque mondiale et l’OCDE, c’est à dire celles qui sont dominées par les pays industrialisés et dont les conseils nous ont menés droit dans le mur.

Nous exhortons la Suisse à descendre de ses grands chevaux, à promouvoir le pluralisme économique et à défendre le mandat actuel de la CNUCED. Si les fonds nécessaires manquent, elle n’a qu’à diminuer ses contributions au FMI et à la Banque mondiale

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