Axer le nouveau programme mondial pour le développement sur les droits humains (HRW)

23 septembre 13

New York, Human Rights Watch – Les dirigeants du monde devraient prendre l’engagement d’intégrer pleinement les droits humains dans le futur plan d’action mondial en faveur du développement pour l’après 2015, lorsqu’ils se réuniront pour un forum spécial sur ces questions en marge de l’Assemblée générale annuelle des Nations Unies à New York le 25 septembre, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui.

Malgré les progrès accomplis au cours de ces dernières années, l’impact général des efforts en faveur du développement a été diminué par la négligence des droits humains, notamment leur omission dans les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) des Nations Unies, a affirmé Human Rights Watch. Un nouveau rapport de Human Rights Watch montre que ne pas mettre l’accent sur les droits humains conduit à l’exclusion, à la discrimination et aux inégalités.

« Le développement n’aura pas de véritable impact sur la vie des personnes les plus pauvres et marginalisées du monde sans qu’un fort accent soit mis sur les droits humains », a déclaré Iain Levine, directeur exécutif adjoint chargé des programmes à Human Rights Watch. « Le plan d’action pour l’après-2015 devrait s’attaquer à la discrimination, à l’exclusion et aux inégalités, et garantir que les pauvres puissent participer eux-mêmes à l’élaboration des programmes de développement qui sont censés leur venir en aide. »

De nombreuses personnes à travers le monde ont été privées des bienfaits du progrès économique ou de l’accès aux possibilités de progresser, aux ressources et aux services économiques en raison de discriminations fondées sur le sexe, l’âge, l’appartenance ethnique, le handicap, la religion, la caste ou sur d’autres éléments de statut social. Par exemple, Human Rights Watch a documenté l’existence d’obstacles importants et systématiques à l’éducation des enfants handicapés au Népal et en Chine.

Les Objectifs du millénaire pour le développement n’incluent pas de buts ou de cibles à atteindre pour les populations marginalisées – telles que les personnes handicapées – et ne sont pas ancrés sur le respect des droits humains. En conséquence, les gouvernements, les fournisseurs d’aide bilatérale ou les institutions financières internationales n’ont eu aucune incitation ni obligation de s’attaquer aux inégalités ou aux discriminations dans l’actuel plan d’action pour le développement, a affirmé Human Rights Watch.

Les recherches effectuées au fil des années par Human Rights Watch ont montré qu’il existe un risque d’abus ou d’exclusion lorsque le développement n’est pas ancré sur la promotion des droits humains. De tels programmes de dévloppement laissent fréquemment de côté les communautés les plus pauvres et les plus marginalisées, notamment les femmes, les enfants, les minorités ethniques et religieuses, les peuples autochtones et les personnes handicapées.

Un plan d’action pour l’après 2015 fermement ancré sur les droits humains attirerait l’attention sur les problèmes de discrimination et d’inégalité et inciterait à l’action pour les résoudre. Une approche des problèmes de développement basée sur les droits aurait aussi un effet de responsabilisation, les décideurs étant amenés à rendre des comptes concernant l’impact de leurs politiques sur leurs citoyens les plus pauvres.

Les droits humains sont apparus comme un thème majeur lors du débat qui s’est tenu sous l’égide de l’ONU pour préparer l’adoption d’un nouveau plan d’action pour le développement pour l’après 2015, année où doit être dressé le bilan des Objectifs du millénaire. Lors de la réunion spéciale en marge de l’Assemblée générale et au cours de l’année à venir, il importera de renforcer les engagements en faveur des droits humains là où ils existent et de les renforcer également dans tous les aspects du plan d’action mondial en faveur d’un développement durable. Les gouvernements devraient prendre des engagements dans plusieurs secteurs particuliers :

Fixer des objectifs de lutte contre les discriminations, de réduction des disparités et de promotion de l’égalité des chances entre les différentes composantes d’une société, ainsi que des objectifs concrets d’amélioration des conditions de vie des plus pauvres et des plus marginalisés, notamment des minorités ethniques, des populations autochtones et des personnes handicapées.

Soutenir l’égalité des sexes et les droits des femmes, y compris en exigeant des gouvernements qu’ils s’efforcent de mettre fin à la discrimination basée sur le sexe et encouragent l’égalité dans leurs lois, politiques et pratiques, ainsi que les actions visant à empêcher et punir les violences à l’égard des femmes et à assurer des services adéquats aux victimes de ces violences.

Inclure dans le plan d’action pour le développement après 2015 l’obligation pour les gouvernements et les bailleurs de fonds internationaux de lier leur approche des questions de développement économique et social à un engagement clair de parvenir progressivement à une situation où tous les citoyens jouissent des droits humains fondamentaux, avec des systèmes renforcés de participation, de transparence et de responsabilité. Les engagements en matière de droits humains devraient inclure des plans visant à améliorer l’accès à la santé, à l’éducation, à la nutrition, à l’eau et aux installations sanitaires, ainsi qu’à la terre et au logement.

Intégrer les droits civils et politiques dans le plan d’action pour l’après 2015, y compris les droits aux libertés d’expression, d’association et de rassemblement, le droit de participer à des élections libres et l’accès à la justice.

Imposer aux grandes entreprises de prendre des mesures de vigilance concernant le respect des droits humains dans le cadre de leurs activités et de rendre compte publiquement de l’impact social, environnemental et en termes de droits humains de ces activités, ainsi que des versements qu’elles effectuent à des gouvernements, nationaux ou étrangers.

Exiger le respect des droits humains par les institutions financières internationales, dans tous leurs programmes et politiques de développement.

Rendre le plan d’action pour l’après 2015 universel – avec des engagements applicables à tous les pays, pas seulement les pays pauvres – et renforcer les moyens de faire rendre des comptes sur la manière dont auront été remplis ces engagements en faveur d’un développement accessible à tous, durable et respectueux des droits humains.

« La discussion de cette semaine à l’ONU représente une étape cruciale du plan d’action mondial pour le développement », a conclu Iain Levine. « La communauté des nations devrait rejeter une conception étroite ou trop technique de la question du développement et adopter au contraire une approche très large, dans laquelle les habitants de la planète, où qu’ils se trouvent, peuvent jouir de leurs droits universels et vivre à l’abri du besoin et de la peur ».

Pour consulter le rapport, cliquez ici (en anglais)
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