A quoi mène la non violence ?

Daniel Wermus - InfoSud
11 mars 06 - Quelles sont les chances d’un petit peuple pacifique face au rouleau compresseur chinois ? Une cinéaste tibétaine exilée est allée le demander à ses compatriotes. Poignant.

« La culture pacifiste du Tibet est un joyau de la planète, préservez-le ». Le message du Dalaï Lama, diffusé clandestinement à travers le pays occupé par la Chine depuis 56 ans, est reçu cinq sur cinq. Jeune Tibétaine devenue Québécoise, la cinéaste Kalsang Dolma a réalisé un courageux documentaire en recueillant les réactions de familles, moines, paysans, jeunes rassemblés autour du moniteur vidéo, bouleversés par le visage de leur chef spirituel exilé depuis tant d’années.

« Que reste-t-il de nous ? » C’est le titre de ce film, qui ouvrait vendredi soir le premier débat du Festival international du film sur les droits humains.

1,2 millions de personnes (une sur cinq) mortes des suites de la brutale colonisation chinoise, le centre historique de Lhassa rasé, des milliers de temples détruits, un désastre écologique, la colonisation galopante qui donne une majorité chinoise aux grandes villes, la langue tibétaine de moins en moins utilisée, rappellent Kelsang Gyatsen, représentant du Dalai Lama en Europe, et Claude Levenson, écrivaine spécialiste du Tibet.

Non violent, mais peu aidé

Ce peuple spirituel est un trésor de l’humanité. Mais son extraordinaire résistance pacifique ne l’empêche pas de mourir dans l’indifférence mondiale. Aucun gouvernement n’ose défier Pékin. Alors comment conjurer le lent génocide ?

Pour Nicholas Howen, secrétaire général de la Commission internationale des juristes, « aucune cause n’est désespérée : qui aurait cru que Timor de l’Est regagne sa liberté après 25 ans d’occupation indonésienne ? Que les pays baltes redeviennent indépendants… » La condition est que ni l’identité du peuple, ne la solidarité extérieure ne baissent les bras, même sans résultat pendant des décennies. Un jour, l’oppresseur subit des changements… et une fenêtre inattendue s’ouvre.

Au Tibet, l’option non violente répétée sans faille par le Dalai Lama - qui va jusqu’à prôner la compassion pour l’ennemi - n’est pas contestée. D’ailleurs toute autre option est suicidaire. Mais le découragement est patent. Que se passera-t-il à la mort du chef spirituel, qui a 72 ans ? Quel ciment trouvera la jeunesse déboussolée ?

Aux citoyens occidentaux de faire pression

Conclusion unanime : une solution politique est la seule issue. « Puisque nos gouvernements n’ont pas le courage politique de tenir tête à la superpuissance chinoise, c’est la responsabilité individuelle de chacun d’entre nous de faire pression sur eux… jusqu’à ce qu’ils le fassent », suggère Howen à une salle pleine à craquer.

« Que reste-t-il de nos valeurs à nous, Occidentaux ? » Paradoxalement c’est pour retrouver ces valeurs que le message du Dalai Lama à son peuple parle au monde entier.

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